PLUME DE POÉSIES

Forum de poésies et de partage. Poèmes et citations par noms,Thèmes et pays. Écrivez vos Poésies et nouvelles ici. Les amoureux de la poésie sont les bienvenus.
 
AccueilPORTAILS'enregistrerConnexionPublications

Partagez
 

 Auguste Barbier (1805 - 1882)IAMBES, LE LION

Aller en bas 
AuteurMessage
James
FONDATEUR ADMINISTRATEUR
FONDATEUR ADMINISTRATEUR
James

Masculin
Dragon
Nombre de messages : 130839
Age : 55
Localisation : Mon Ailleurs c'est Charleville-Mézières
Date d'inscription : 04/09/2007

Auguste Barbier (1805 - 1882)IAMBES, LE LION Empty
MessageSujet: Auguste Barbier (1805 - 1882)IAMBES, LE LION   Auguste Barbier (1805 - 1882)IAMBES, LE LION Icon_minitimeMar 3 Jan - 19:37

IAMBES, LE LION

J' ai vu pendant trois jours, j' ai vu plein de colère
Bondir et rebondir le lion populaire,
Sur le pavé sonnant de la grande cité.
Je l' ai vu tout d' abord, une balle au côté,
Jetant à l' air ses crins et sa gueule vorace,
Tordre à doubles replis les muscles de sa face;
J' ai vu son col s' enfler, son orbite rougir,
Ses grands ongles s' étendre, et tout son corps rugir...
Puis je l' ai vu s' abattre à travers la mêlée,
La poudre et les boulets à l' ardente volée,


Sur les marches du louvre... et là, le poil en sang
Et ses larges poumons lui battant dans le flanc,
La langue toute rouge et la gueule béante;
Haletant, je l' ai vu de sa croupe géante,
Inondant le velours du trône culbuté,
Y vautrer tout du long sa fauve majesté.

Alors j' ai vu soudain une foule sans nombre,
Se traîner à plat-ventre à l' abri de son ombre;
J' ai vu, pâles encor du seul bruit de ses pas,
Mille nains grelotant lui tendre les deux bras;
Alors on caressa ses flancs et son oreille,
On lui baisa le poil, on lui cria merveille,
Et chacun lui léchant les pieds, dans son effroi,
Le nomma son lion, son sauveur et son roi.

Mais, lorsque bien repu de sang et de louange,
Jaloux de secouer les restes de sa fange,
Le monstre à son réveil voulut faire le beau;
Quand, ouvrant son oeil jaune et remuant sa peau,
Le crin dur, il voulut, comme l' antique athlète,
Sur son col musculeux dresser toute sa tête,
Lorsqu' enfin il voulut, le front échevelé,
Rugir en souverain, -il était muselé.
Décembre 1830.

_________________
Auguste Barbier (1805 - 1882)IAMBES, LE LION Une_pa12Auguste Barbier (1805 - 1882)IAMBES, LE LION Plumes19Auguste Barbier (1805 - 1882)IAMBES, LE LION Miniat14Auguste Barbier (1805 - 1882)IAMBES, LE LION James_12

Auguste Barbier (1805 - 1882)IAMBES, LE LION Sceau1
Revenir en haut Aller en bas
https://www.plumedepoesies.org
 
Auguste Barbier (1805 - 1882)IAMBES, LE LION
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Auguste Barbier (1805 - 1882) LAZARE, LES MINEURS DE NEWCASTLE
» Michel Ange (Auguste Barbier)
» Eglise St Joseph by Auguste Perret
» Le lion de Saint Marc
» [RECH ] buste bélier,verseau,lion,scorpion,

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
PLUME DE POÉSIES :: POÈTES & POÉSIES INTERNATIONALES :: POÈMES FRANCAIS-
Sauter vers: