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 Joseph Autran (1813-1877) La Rançon.

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Joseph Autran (1813-1877) La Rançon. Empty
MessageSujet: Joseph Autran (1813-1877) La Rançon.   Joseph Autran (1813-1877) La Rançon. Icon_minitimeDim 8 Jan - 19:01

La Rançon.

L’armée était en deuil, les preux versaient des larmes:
Trois des plus glorieux de leurs compagnons d’armes
Dans le dernier combat furent faits prisonniers.
L’un était Lancelot, un de ces fauconniers
Dont on vante partout l’adresse et la science;
L’autre était Godefroy, du pays de Mayence,
Plus expert que quiconque à dresser un coursier;
L’autre, habile à fourbir les armures d’acier,
Était le jeune Hector, fils de Jean de Gascogne.
Tous trois étaient captifs du Sarrasin Grandogne,
Qui les avait, hélas! battus, désarçonnés,
Et dans le camp païen les avait emmenés.

L’armée était en deuil. « Les temps nous sont contraires,
Disaient les chevaliers; qui nous rendra nos frères?
Qui nous rendra ces preux aimés pour leur talent!
- Je prétends l’essayer,» dit à la fin Roland.
Cette parole dite, il se met en besogne.
Que faire pour tenter l’impassible Grandogne?
Il jeta sur des chars tout ce qu’on peut rêver
De présents merveilleux, et s’en vint le trouver.
« Grandogne, lui dit-il, dont j’honore la race,
Fils du roi Cappuel qui règne sur la Thrace,
Personne plus que moi n’estime ta vertu!
Pour me rendre nos preux, dis, que demandes-tu?
Je suis prêt à payer la rançon la plus forte.
Considère avec soin les présents que j’apporte:
Les tapis d’Orient, vingt mille besants d’or,
Des autours, des faucons rapides à l’essor,
Les vases ciselés, joyaux d’orfèvrerie,
Ou ces riches manteaux en drap d’Alexandrie.
- De tes présents, baron, dit l’émir attentif,
Je n’en veux qu’un. - Lequel? - Ton cheval Veillantif.
Ce que j’entends conter parmi nous me fait croire
Qu’à ce cheval magique appartient la victoire.
- C’est beaucoup demander, lui répondit Roland.
Eh quoi! ce noble ami, ce compagnon vaillant,

Qui m’a longtemps porté, faisant sonner sa corne,
Des champs de Cappadoce à ceux de Californe,
Qui fit trembler l’Araxe au seul bruit de ses pas.
Je m’en séparerais! Cela ne sera pas.
Non, jamais; non, jamais! - Garde-le sans vergogne,
Je garde tes amis, dit le cruel Grandogne.
- Ah! reprit le héros, c’est m’arracher le coeur!
Prends-le donc, s’il le faut! Prends ce cheval vainqueur:
Le voilà! Mais, avant que je perde sa trace,
Une dernière fois souffre que je l’embrasse!. . .»
Grandogne, à ce discours, prenant le palefroi.
Fit venir Lancelot, Hector et Godefroy:
« Chevaliers, leur dit-il, je brise votre chaîne:
Allez, accompagnez ce noble capitaine.»
Et les trois paladins, l’ayant remercié,
Escortèrent Roland, qui s’en revint à pié.
Lorsqu’il rentra le soir au camp, baissant la tête,
Ce qu’il vit tout d’abord, ce fut sa propre bête.
L’histoire ne dit rien de son étonnement,
Elle explique en deux mots le fait, voici comment:
Aussitôt que Grandogne, écuyer malhabile,
Eut enfourché la bête à la croupe mobile,
Celle-ci, se cabrant et secouant ses crins,
L’avait jeté par terre en lui cassant les reins;

Après quoi, le chemin facile à reconnaître
L’avait en quatre bonds ramenée à son maître.

Et c’est ainsi, chrétiens, que le preux sans rival
Retrouva ses amis et garda son cheval.



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