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 Nérée Beauchemin (1850-1931) Le merle

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MessageSujet: Nérée Beauchemin (1850-1931) Le merle   Nérée Beauchemin (1850-1931) Le merle Icon_minitimeLun 30 Jan - 22:59

Le merle

Une murmurante nichée
De merles aux trilles divers,
Dans les feuilles là-haut cachée,
Réjouit mes peupliers verts.

De bonne heure, pour faire fête
A leurs chers hôtes revenus,
Mes arbres, de la base au faîte,
Enguirlandent leurs rameaux nus.

Sitôt que l'aurore vermeille
Empourpre les brumes lilas,
Le nid, qu'un trait de flamme éveille,
Vibre de sonores éclats.

De sa maraude matineuse,
La mère arrive au point du jour.
Dans l'atmosphère lumineuse
Le père s'élance à son tour.

Il part, et sous la riche arcade
Des ramures toutes en fleur
Ruissellent comme une cascade
Les notes de l'oiseau siffleur.


Il ne va pas à l'aventure,
Il sait mainte place et maint lieu
Où s'offre à foison la pâture
Que lui réserve le bon Dieu.

Au printemps, il siffle, il fredonne,
Tandis que son oeil vif, chercheur,
Guette la mouche qui bourdonne
Dans la lumière et la fraîcheur.

L'été le régale de mûres,
De cerises et de raisins;
Vers l'automne, les ronces mûres
L'attirent dans les bois voisins.

Quand le vent d'octobre éparpille
Les feuilles rouges du buisson,
L'oiseau dans les chaumes grappille
Les miettes d'or de la moisson.

Au-dessus d'une eau cristalline,
Qui coule au creux d'un val dormant,
Sur un glaïeul qu'un souffle incline
Il suspend son vol un moment.

C'est là qu'il se baigne et vient boire.
On le voit, au sortir du bain,
Lustrer sa gorge orange et noire;
Mais un sifflet vibre soudain.


Secouant son aile mouillée,
Entre les herbes du ruisseau
Il glisse: il a pris sa volée
Vers son mélodieux berceau.

Il se dépêche. Vif et tendre,
Il égrène en son vol des sons
Radieux, dès qu'il croit entendre
Le gazouillis des nourrissons.

Son arrivée est une fête:
Les petits, tremblants et surpris,
Se dressent, serrés tête à tête,
Et percent l'air de mille cris.

Dans la gloire du ciel qui brille,
Deux voix éclatent tour à tour:
Le trille alterne avec le trille;
L'amour roucoule avec l'amour.

Les yeux brillants comme des perles,
Mère amoureuse et père aimant
Jasent. Heureux logis de merles,
Que ton voisinage est charmant.
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Nérée Beauchemin (1850-1931) Le merle
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