PLUME DE POÉSIES
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 Victor HUGO (1802-1885) Ayez de la pitié, gouffres, prison, géhenne

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Inaya
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Inaya

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Victor HUGO (1802-1885) Ayez de la pitié, gouffres, prison, géhenne Empty
MessageSujet: Victor HUGO (1802-1885) Ayez de la pitié, gouffres, prison, géhenne   Victor HUGO (1802-1885) Ayez de la pitié, gouffres, prison, géhenne Icon_minitimeJeu 29 Sep - 22:48

Ayez de la pitié, gouffres, prison, géhenne,
Sépulcre, chaos, nuit, désolation, haine,
Ayez de la pitié, si le ciel n'en a pas;
Sur Satan, de si haut précipité si bas,
O voûtes de l'enfer, laissez tomber des larmes;
Non, c'est Dieu, c'est le ciel, c'est l'azur plein de charmes,
L'aurore se livrant toute nue à mes yeux,
C'est le baiser du jour, c'est l'amour que je veux;
Rien; le deuil. Rien! l'hiver. Rien; l'âpre solitude.
Le vil chaos, toujours dans la même attitude;
Les blocs mystérieux de l'expiation;
Je ne puis même, hélas, voir une vision,
Un reflet, comme on voit du jour aux trous d'un crible.
J'écoute du néant le monologue horrible,
L'immensité pour moi ne contient qu'un affront.
Jamais Dieu; - Tout est noir. - Quand ma main sur mon front
Cherche les deux rayons de l'archange, elle y trouve
Les deux cornes du bouc; je ne sais quelle louve
Qui tient l'être en sa gueule et l'emporte et le mord,
Vient me lécher dans l'ombre, et dit : Je suis la mort.
Quoi; j'ai le désespoir à jamais pour demeure;
Horreur! je t'aime, ô Dieu! Grâce, ô mon Dieu!

Bien, pleure
Sanglote, implore, écume, aime; et sois rebuté!
Recommence toujours la même lâcheté!
Chien Satan, vautre-toi toujours dans ta bassesse! -
Oh; je monte et descends et remonte sans cesse,
De la création fouillant le souterrain,
Le bas est de l'acier, le haut est de l'airain,
A jamais, à jamais, à jamais; Je frissonne,
Et je cherche et je crie et j'appelle. Personne;
Et furieux, tremblant, désespéré, banni,
Frappant des pieds, des mains et du front l'infini,
Ainsi qu'un moucheron heurte une vitre sombre,
A l'immensité morne arrachant des pans d'ombre,
Seul, sans trouver d'issue et sans voir de clarté,
Je tâte dans la nuit ce mur, l'éternité.
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