PLUME DE POÉSIES
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 Victor HUGO (1802-1885) Isis recula s'écriant

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Inaya
Plume d'Eau
Inaya

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Victor HUGO (1802-1885) Isis recula s'écriant Empty
MessageSujet: Victor HUGO (1802-1885) Isis recula s'écriant   Victor HUGO (1802-1885) Isis recula s'écriant Icon_minitimeJeu 29 Sep - 22:53

Isis recula s'écriant :
- Il dort! Je souffre seule! Oh! je le hais.

Sa bouche
Ecarta presque, avec cette clameur farouche,
Le voile par ses yeux flamboyants traversé;
Puis les plis du linceul froid et toujours baissé
Tombèrent longs et droits, et Lilith immobile
Songea.

Ce rêve obscur d'un spectre, la sibylle
Peut seule l'entrevoir quand dans son noir réduit
Elle médite, ayant sous son coude la nuit.

On entendait suinter le néant goutte à goutte.

Soudain Isis leva son regard vers la voûte,
Et, comme la fumée aux cimes de l'Etna,
Dans toute sa longueur son linceul frissonna;
Elle se dressa haute, épouvantable et pâle,
Et jeta, secouant son voile, avec le râle
Du tigre apercevant le lion importun,
Ce cri, prodigieux dans ce gouffre : Quelqu'un!

Un ange éblouissant les ailes déployées,
Entrait.

Les profondeurs avec Satan broyées,
Tous ces monts que la fable appelle Othryx, Ossa,
Phlégon, et que le jet de soufre éclaboussa,
Monts frappés comme lui quand Dieu brisa son aile,
Et roulés dans sa chute avec lui pêle-mêle,
Les blocs cicatrisés et morts, les rocs maudits
Que Michel, soleil foudre, extermina jadis,
Crurent revoir l'éclair du grand coup de tonnerre.

Tour l'enfer tressaillit.

L'ange, extraordinaire,
Superbe, souriant, descendait.

Sa clarté
Sereine, blêmissait l'enfer épouvanté.
Le chaos éperdu montra sa pourriture.
On voyait au zénith du gouffre une ouverture
D'où tombait la lueur ineffable des cieux.
La géhenne s'ouvrit comme un oeil chassieux;
Tout le plafond, pendant en haillon formidable,
S'éclaira. L'on put voir le fond de l'insondable,
Et les recoins confus du grand cachot souillé;
L'abîme frissonna comme un voleur fouillé;
On distinguait les bords des précipices traîtres;
Les brouillards qui flottaient prirent des formes d'êtres
Monstrueux, qui semblaient ramper, et vivre là;
La menace qu'on sent dans les lieux noirs sembla
Plus fauve, et le visage irrité des décombres,
Le blanchissement vague et difforme des ombres,
Se hérissaient, montrant des aspects foudroyés;
Tous les renversements en arrière, effrayés,
Se dressaient; les granits remuaient sous la nue;
L'obscurité lugubre apparut toute nue;
On eût dit qu'elle ôtait l'ombre qui la revêt,
Que le masque inouï de l'enfer se levait,
Et qu'on voyait la face effroyable du vide.

L'ange continuait de descendre, splendide,
Dans cet effarement immense de la nuit.
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