PLUME DE POÉSIES
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 Victor HUGO (1802-1885) L'océan d'en haut 7

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Victor HUGO (1802-1885) L'océan d'en haut 7 Empty
MessageSujet: Victor HUGO (1802-1885) L'océan d'en haut 7   Victor HUGO (1802-1885) L'océan d'en haut 7 Icon_minitimeSam 8 Oct - 18:39

Et je vis au-dessus de ma tête un point noir.
Et ce point noir semblait une mouche dans l'ombre.

Comme un vert rejeton sort d'une souche sombre,
Des profondeurs sortait le jour éblouissant,
Je me précipitai vers le point grandissant,
Plus prompt que les oiseaux envolés hors des branches;
C'était une lumière avec deux ailes blanches;
Et qui m'avait semblé, lorsque je l'aperçus,
Obscure, tant le ciel rayonnait-au-dessus.

Cette clarté disait:
-Pas de droite et de gauche;
Pas de haut ni de bas; pas de glaive qui fauche;
Pas de trône jetant dans l'ombre un vague éclair;
Pas de lendemain, pas d'aujourd'hui, pas d'hier;
Pas d'heure frissonnant au -vol du temps rapace;
Point de temps; point d'ici, point de là; point d'espace;
Pas d'aube et pas de soir; pas de-tiare ayant
L'astre pour escarboucle à son faîte effrayant;
Pas de balance; pas de sceptre, pas:de globe;
Pas de Satan caché dans les plis de la robe;
Pas de robe; pas d'âme à la main; pas de mains;
Et vengeance, pardon, justice, mots humains.

Qui que tu sois, écoute: il est.
Qu'est-il? Renonce!

L'ombre est la question, le monde est la réponse.
Il est. C'est le vivant, le vaste épanoui!
Ce que contemple au, loin le soleil ébloui,
C'est lui.: Les cieux, vous,. "nous; les étoiles, poussière!
Il est l'oeil gouffre, ouvert au fond de la lumière,
Vu par -tous les flambeaux, senti par. tous les nids,
D'où l'univers jaillit en rayons infinis.
Il regarde, et c'est tout. Voir suffit. au sublime,
Il crée un monde rien qu'en voyant un abîme
Et cet être qui voit, ayant toujours été,
A toujours tout créé, de toute éternité.
Quand la bouche d'en bas touche à ce nom suprême,
L'essai de la louange est presque le blasphème:
Pas d'explication donc! Fais mettre à genoux
Ta pensée, et deviens un regard; comme nous.
Pourquoi chercher les mots où ne sont plus les choses?
Le vil langage humain n'a pas: d'apothéoses.

Ce qu'Il est, est à peine entrevu du tombeau.
Il échappe aux mots noirs de l'ombre. On aurait beau
Faire une strophe avec les brises éternelles,
Et, pour en parfumer et dorer les deux ailes,
Mettre l'astre dans l'une et dans l'autre la fleur,
Et mêler tout l'azur à leur splendide ampleur,
On ne peindrait pas Dieu. Songeur, qu'on le revête
De bruit et d'aquilon, de foudre et de tempête;
Qu'on le montre éveillé, qu'on le montre dormant,
Sa respiration soulevant doucement
Toutes les profondeurs de toute l'étendue,
Remuant la comète au fond des cieux perdue,
Le vent sur son cheval, la mort sur son éclair,
Et le balancement monstrueux de la mer,
On ne le peindra pas. Lui! Lui! l'inamissible,
L'éternel, l'incréé, l'imprévu, l'impossible,
Il est. La taupe fouille et creuse, et l'aperçoit;
L'ombre dit à la taupe es-tu sûre qu'il soit?
La taupe répond: Dieu! Dieu de l'aigle est la proie.
Suppose que sur terre un seul être en Dieu croie,
Cet être, si jamais le soleil, s'éclipsait,
Remplacerait l'aurore. Et sais-tu ce que c'est
Que le fauve ouragan, tonnant et formidable?
C'est, dans les profondeurs du gouffre inabordable,
L'infini murmurant: je l'aime! à demi-voix;
Quand l'étoile rayonne, elle dit: je le vois!
Tout le cri, tout le bruit et tout l'hymne de l'homme
Avorte à dire Dieu! Le baiser seul le nomme.

J'aime!
*
Ici la clarté me dit:

-Si tu m'en crois,
Va-t'en. Car les rayons brûlants dont tu t'accroîs
Pourraient te consumer, frémissant, avant l'heure.
L'homme meurt d'un excès de flamme intérieure;
L'ange qui va trop loin dit: Ne restons pas là.
En voulant trop voir Dieu, Moïse chancela;
Un peu plus, il tombait du haut de cette cime,
L'oeil plein. des tournoiements terribles de l'abîme.

-Parle! oh! parle! criai-je à la forme de feu.

-Ô curieux du gouffre, Empédocle de Dieu,
Je parlerai, dit l'être, et même ton langage;
Car, quand dans l'infini sous vos yeux on s'engage,
Hommes, on ne peut plus toucher a ses rameaux
Sans en faire tomber vos misérables mots.

Le tout éternel sort de l'éternel atome.
De l'équation Dieu le monde est le binôme
Dieu, c'est le grand réel et le grand inconnu;
Il est; et c'est errer que dire: Il est venu.
Quoique l'impénétrable énigme le vêtisse,
Quoiqu'il n'ait ni lever, ni coucher, ni solstice,
Êtres bornés, il marque, au fond du ciel sans bord,
Vos quatre angles, levant, occident, midi, nord;
Il est X, élément du rayonnement, nombre
De l'infini, clarté formidable de l'ombre,
Lueur sur le coran comme sur le missel,
Éternelle présence à l'oeil universel!
C'est lui l'autorité d'où jaillit l'âme libre;
C'est lui l'axe invisible autour duquel tout vibre,
Et l'oscillation dans l'immobilité;
Oscillation sombre, au cercle illimité,
Qui va, prodigieuse, une, inouïe, étrange,
Des oreilles de l'âne aux ailes de l'archange.
L'être sans cesse en lui se forme et se dissout;
Il est la parallèle éternelle de tout;
Il est précision, loi, règle, certitude,
Justesse, abstraction, rigueur, exactitude,
Et toute cette algèbre en tendresse se fond.
Et dans l'indéfini, l'obscur et le profond,
A travers ce qu'on nomme air et terre, flamme, onde,
Cet X a quatre bras, pour embrasser le monde,
Et, se dressant visible aux yeux morts ou déçus,
Il est croix sur la terre et s'appelle Jésus.

Hors de la terre il est l'innommé.

Chaque sphère
Le nomme en frissonnant du nom qu'elle préfère,
Mais tous les noms sur Dieu sont des flots insensés.
Quant au globe-chétif et morne où vous passez,
Hommes, -l'ange a parlé d'une façon sévère;
L'homme est l'être sacré que la. terre révère;
Mais l'arbre est quelque chose et la bête est quelqu'un;
La pierre et son. silence, et l'herbe et son parfum;.
Vivent;. l'homme, rayon, doit plaindre la poussière;
L'être est une famille où l'homme est le grand frère
Et lui, l'âme, d'en haut, il doit, dans leurs combats,
Verser tout son azur sur les âmes d'en. bas;

L'homme, malgré sa haine et malgré sa démence,
Est le commencement de la lumière immense.
L'égalité dans l'ombre ébauche l'unité;
L'unité, c'est le but de la route clarté.
Âme! être, c'est aimer.

Il est.

C'est l'être extrême.
Dieu, c'est le jour sans borne et sans fin qui dit: j'aime.
Lui, l'incommensurable, il n'a point de compas;
Il ne se venge pas, il ne pardonne pas;
Son baiser éternel ignore la morsure;
Et quand on dit: justice, on suppose mesure.
Il n'est point juste; il est. Qui n'est que juste est peu.
La justice, c'est vous, humanité; mais Dieu
Est la bonté. Dieu, branche où tout oiseau se pose!
Dieu, c'est la flamme aimante au fond de toute chose.
Oh! tous sont appelés et tous seront élus.
Père, il songe au méchant pour l'aimer un peu plus.
Vivants, Dieu pénétrant en vous;-chasse le vice.
L'infini qui dans l'homme entre, y devient justice;
La justice n'étant que le rapport secret
De ce que l'homme fait à ce que Dieu ferait.
Bonté, c'est la lueur qui dore tous les faîtes;
Et, pour parler toujours, hommes, comme vous faites,
Vous qui ne pouvez voir que-la forme et le lieu,
Justice -est le profil de la face de Dieu.
Vous voyez un côté, vous ne voyez pas l'autre.
Le bon, c'est le martyr; le juste n'est qu'apôtre;
Et votre infirmité, c'est que votre raison
De l'horizon humain conclut l'autre horizon.
Limités, vous prenez Dieu pour l'autre hémisphère.
Mais lui, l'être absolu, qu'est-ce qu'il pourrait faire
D'un rapport?.L'innombrable est-il fait pour chiffrer?
Non, tout dans sa bonté sombre vient s'engouffrer.
On ne sait où l'on vole, on ne sait où l'on tombe,
On nomme cela mort, néant, ténèbres, tombe,
Et, sage, fou, riant, pleurant, tremblant, moqueur,
On s'abîme éperdu dans cet immense coeur!
Dans cet azur sans fond la clémence étoilée
Elle-même s'efface, étant -d'ombre mêlée!

L'être pardonné garde un souvenir secret,
Et n'ose aller trop haut; le. pardon semblerait
Reproche à la prière, et Dieu veut qu'elle approche;
N'étant jamais tristesse, il n'est jamais reproche,
Enfants; et maintenant, croyez si vous voulez!

Devant le sacrifice et les cieux constellés,
Devant l'aigle effaré; devant les forêts vertes,
Devant les profondeurs dans tout être entr'ouvertes,
Hommes, on peut nier, mais l'inconvénient
C'est que l'esprit décroît et noircit en niant.
L'être fait pour l'extase et la soif infinie
Devient sarcasme, rire, ignorance, ironie;
Il n'a plus rien de saint, il n'a plus rien de cher;
Et sa tête de mort apparaît sous sa chair.
Votre t'erre niant ne serait qu'une infâme,
Et sa nuit grandirait; car retirer cette âme.
A l'univers, c'est faire un abîme au milieu.
Qui, du centre de l'être insondable, ôte Dieu,
Ôte l'Idée avec tous ses aspects, puissance,
Vérité, liberté, paix, justice, innocence;
Ôte aux êtres le droit,. ôte aux forces l'aimant,
Ote la clef de voûte, et vois l'écroulement!
Je t'ai parlé ta langue, homme que je rencontre.
Et que veux-tu de plus?. faut-il qu'on te le montre?
O regardeur aveugle et qui te crois voyant,
Comment te montrer Dieu, cet informé effrayant?
Comment te dire: ici finit, ici commence?-
Fin et commencement sont des mots de démence.
Fin et commencement sont vos deux grands haillons.
Homme, chante ou blasphème à travers tes bâillons,;
Tu mêleras, sans dire un mot de la grande âme,
Ton blasphème à la nuit et ton hymne à la flamme:
L'idée à peine éclôt que les mots la défont.
Comment se figurer la face du profond,
Le contour du vivant sans borne, et l'attitude
-
De la toute-puissance et de la plénitude?

Est-ce Allah, Brahma, Pan, Jésus, que nous-voyons?
Ou Jéhovah? Rayons! rayons! rayons! rayons!
La clarté s'arrêta, comme tout éblouie.
Je m'évanouissais, et la vue et l'ouïe,
Et jusqu'aux battements du coeur s'interrompant,
S'en allaient hors de moi comme une eau se répand.

Et la clarté cria dans la profondeur noire
Où flottaient vaguement sous la brume illusoire
Ces faces de néant qu'on voit dans le trépas:

Ô Ténèbres, sachez ceci: la nuit n'est pas.

Tout est azur, aurore, aube sans crépuscule,
Et fournaise d'extase où l'âme parfum brûle.
Le noir, c'est non; et non, c'est Rien. Tout est certain.
Tout est blancheur, vertu, soleil levant, matin,
Placide éclair, rayon serein, frisson de flamme.
Un ange qui dirait: la nuit, dirait: je blâme.
Les astres ne sont pas. Ces lueurs des tombeaux
Sont fausses, et le jour ignore les flambeaux.
La constellation dans l'illusion rampe;
Le plein midi n'aurait que faire d'une lampe;
Tout rayonnement vient du centre et du milieu;
Comme il n'est qu'une aurore, il n'est qu'un soleil, Dieu,
Qui pour les yeux de chair, couverts de sombres voiles,
Pleut le jour en rayons et la nuit en étoiles.
L'âme est l'oeil, il est l'astre. Elle ne voit que lui.
Tout est clarté. Le ver rampant, l'ange ébloui,
Tout, les immensités où se perdent les sondes,
Tout, ces vagues de Dieu que vous nommez les mondes,
L'apparent, le réel, vierge en robe de lin,
Homme, enfant, cieux et mers, espaces, tout est plein
D'un resplendissement d'éternité tranquille.
Comptez les milliards de siècles par cent mille,
Vous n'aurez pas dit un devant l'éternité.
Jetez toute votre ombre, ô nuits, à la clarté,
Au gouffre de splendeur que Dieu profond anime,
Et vous ne ferez pas une tache a l'abîme.
Vous. n'êtes point. Au bas des cieux où nous montons,
On voit vos grandes mains qui cherchent a tâtons,
O nuits, spectres! on voit vos formes de nuées
S'approcher et grandir ou fuir diminuées,
Et le grand gouffre bleu, plein d'éblouissements,
O brumes, ne sait rien de vos écroulements,
Et le rayonnement formidable flamboie.
Ombres, vous n'êtes point. Pour être il faut qu'on voie.
Ténèbres, il n'est pas, devant les firmaments,
De ténèbres; il n'est que des aveuglements.

Des aveugles! Pourquoi? Pourquoi la loi, la-règle,
Le gland avant le chêne, et l'oeuf sombre avant l'aigle?
L'aveugle est l'embryon du voyant; le voyant
Se change en lumineux; qui devient, flamboyant;
C'est la loi. Vous verrez, vous rayonnerez; ombres!
Vous serez les frontons éternels, ô décombres!
Limbes, vous serez ciel! Vous l'êtes déjà, nuit!
De même que déjà le germe, c'est le fruit;
Que déjà dans le gland, monde que l'herbe ignore,
Avec toute sa feuille éclatante d'aurore,
Avec son noir branchage où la lune blêmit,
Solide et frissonnant, le grand chêne frémit,
Plein de cris, de chansons, d'hymens et de querelles;
Et que dans l'oeuf profond déjà tremblent les ailes!
Devoir être, c'est être. Oui, la fange est cristal:
Chrysalide du bien qu'on appelle le mal,
Ne te plains pas; un fil à Dieu même te noue.
Le réel, c'est la roue, et non le tour de roue.
larves, vous serez. Attendez votre tour.
Puisque le papillon qu'elle doit être un jour;
Est là-haut, ouvrant l'aile; et, joyeux, tourbillonne,
Puisque le paradis qu'il doit être-rayonne,
La chenille n'est pas, l'enfer n'existe point.

À la vie à venir le sort présent se joint.
L'être, qui n'est vivant que complet, se déploie
Composé d'aucune ombre et de toute la joie,
Ne gardant du passé que l'extase, et rempli
D'un souvenir céleste et d'un divin oubli.

L'univers, c'est un livre, et des yeux qui le lisent.
Ceux qui sont dans la nuit ont raison quand ils disent:
Rien n'existe! Car c'est dans un rêve qu'ils sont.

Rien n'existe que lui; le flamboiement profond,
Et les âmes, les grains de lumière, les mythes,
Les moi mystérieux, atomes sans limites,
Qui vont vers le grand moi, leur centre et leur aimant;
Points touchant au zénith par le rayonnement,
Ainsi qu'un vêtement subissant la matière,
Traversant tour à tour dans l'étendue entière
La formule de chair propre à chaque milieu,
Ici la sève, ici le sang, ici le feu;
Blocs, arbres, griffes, dents, fronts pensants, auréoles;
Retournant aux cercueils comme à des alvéoles;
Mourant pour s'épurer, tombant pour s'élever,
Sans fin, ne se perdant que pour se retrouver,

Chaîne d'êtres qu'en haut l'échelle d'or réclame,
Vers l'éternel foyer volant de flamme en flamme,
Juste éclos du pervers, bon sorti du méchant;
Montant, montant, montant sans cesse, et le cherchant,
Et l'approchant toujours, mais sans jamais l'atteindre,
Lui, l'être qu'on ne peut toucher, ternir, éteindre,
Le voyant, le vivant, sans mort, sans nuit, sans mal,
L'idée énorme au fond de l'immense idéal!

La matière n'est pas et l'âme seule existe.

Rien n'est mort, rien n'est faux, rien n'est noir, rien n'est triste;
Personne n'est puni, personne n'est banni.
Tous les cercles qui sont dans le cercle infini
N'ont que de l'idéal dans leurs circonférences:

Astres, mondes, soleils, étoiles, apparences,
Masques d'ombre ou de feu, faces des visions,
Globes, humanités, terres, créations,
Univers où jamais on ne voit rien qui dorme,
Points d'intersection du nombre et de la forme,
Chocs de l'éclair puissance et du rayon beauté,
Rencontres de la vie avec l'éternité,
Ô fumée, écoutez! Et vous, écoutez, âmes,
Qui seules resterez étant souffles et flammes,
Esprits purs qui mourez et naissez tour à tour:
Dieu n'a qu'un front: Lumière! et n'a qu'un nom: Amour!
Je tremblais; comme si, prêt à changer de forme,
J'eusse été foudroyé par un baiser énorme.
La clarté flamboyait, transparente et debout.
Et je criai: lumière, ô lumière, est-ce tout?

Et la clarté me dit: silence. Le prodige
Sort éternellement du mystère, te dis-je.
Aveugle qui croit lire et fou qui croit savoir!

[IX]
Et je vis au-dessus de ma tête un point noir.
12 avril 1855.
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Victor HUGO (1802-1885) L'océan d'en haut 7
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