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 Victor HUGO (1802-1885) Hugo Dundas

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Victor HUGO (1802-1885) Hugo Dundas Empty
MessageSujet: Victor HUGO (1802-1885) Hugo Dundas   Victor HUGO (1802-1885) Hugo Dundas Icon_minitimeDim 30 Oct - 17:56

HUGO DUNDAS
Devant les douze lords de la chambre étoilée,
Hugo Dundas fut grand.
Du fond d'une tribune une femme voilée
L'admirait en pleurant.

Nuit, flambeaux, murs drapés, blasons des deux royaumes,
C'était sinistre et beau.
Les douze pairs muets semblaient douze fantômes
,Assis dans un tombeau.

Une hache brillait. Le peuple criait: honte!
Le peuple et les soldats.
Tous menaçaient. Mais rien ne fit pâlir le comte,
Le comte Hugo Dtindas.

- La Révolte a troublé les monts où l'aigle plane,
Et vous étiez là tous.
Que faisiez-vous, mylord, à Dumbar, à Cartlane?
. Mylord, qu'y faisiez-vous?

- Mes pairs, j'ai défendu le roi que mon coeur nomme,
Mon clan, mon étendard.
J'aime l'aigle et le roi, car je suis gentilhomme
Et je suis montagnard. -
Ainsi le juge austère et le comte superbe
Se parlaient dans la tour.
Heureux le bon soldat qui meurt, couché sur l'herbe,
En plein air, en plein jour!

La cour se retira. -L'on voyait dans.la salle
Le peuple fourmiller.
Enfin l'aube apparut comme une vierge pâle
Que l'homme va souiller.

Les portes du conseil, de bronze revêtues,
S'ébranlèrent alors;
Et l'on vit, à pas lents, comme douze statues
Rentrer les douze lords.

Le juge en cheveux blancs, debout, parlant au comte,
Dit: -Nos jours durent peu.
Puisque cet homme au roi ne veut pas rendre compte,
Il rendra compte à Dieu.


I ÉCRIT SUR LE MUR DE VERSAILLES.
Sachez qu'on va dresser dévant la Tour de Londre
Un grand échafaud noir.
Lord comte Hugo Dundas, qù'avez-vous à répondre?
Vous mourrez demain soir. -
Alors un de ces cris, qui font que l'effroi monte
Jusqu'au juge inquiet,
Retentit sous la voûte... -On regarda le comte;
Le comté souriait.

Il dit: '-Adieu la vie! -'Et; sans troùble dans l'âme,
Il salua la cour
Puis se tournant vers l'ombre où pleurait une femme,
-Adieu, dit-il, amour!
14 janvier 1844.
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