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 Victor HUGO (1802-1885) Epilogue

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Victor HUGO (1802-1885) Epilogue  Empty
MessageSujet: Victor HUGO (1802-1885) Epilogue    Victor HUGO (1802-1885) Epilogue  Icon_minitimeDim 30 Oct - 18:28

ÉGLOGUE
-Un journal! Donnez-moi du papier, que j'écrive
Une lettre, et voyez si le facteur arrive.
Il semblé que la poste aujourd'hui tarde un ,peu.
Vent, brouillard, pluie. On est. en juin; faites du feu.
Comme ces champs ont l'air bougon et réfractaire! -
Un gros nuage noir est tout près de la terre;
Le jour a le front bas, et les cieux sont étroits;
Et l'on voit dans la rue, en file, trois par trois,
Serrés dans leurs boutons et droits dans leurs agrafes,
Passer des titotlers }6 grisés par des carafes;
Ils sont jeunes, plusieurs ont vingt ans; et pendant
Que, regardant la vie avec un oeil. pédant,
Ils laissent se transir Betsy, Goton et Lise,
L'eau qu'ils boivent leur sort du nez en chants d'église.
Jadis 'c'était le temps du beau printemps divin;
Silène était dans Vautré et' ronflait plein de vin;
Mai frissonnait d'aurore, 'et des. flûtés magiques
Se répondaient dans l'ombre au' fond des géorgiques;
L'eau courait, l'air jouait; de son 'râle étranglé'
La couleuvre amoureuse épouvantait Eglé;
Les paons dans la lumière ouvraient leurs larges queues;
Et, lueurs dans l'azur, les neuf déesses bleues
Flottaient entre la terre et le ciel dans le soir,
Et chantaient, et, laissant à travers elles voir
Les étoiles, ces yeux du vague crépuscule,
Elles mêlaient Virgile assis au Janicule,
Moschus dans Syracuse, et les sources en pleurs,
Les troupeaux, les sommeils sous' les arbres, les fleurs,
Les bois, Amaryllis, Mnasyle et Phyllodoce,
A leur mystérieux et sombre sacerdoce.
29 mai 1856.

Le soir calme et profond se répand sur la plaine.
Ma fille, asseyons-nous. Le couchant jette à peine
Une vague lueur sous l'arche du vieux pont.
Une forge lointaine à l'angélus répond.
Le Seigneur sur la cloche et l'homme sur l'enclume
Forgent la même chose, et l'étoile s'allume
Là-haut en même temps qu'ici-bas le foyer.
Notre destin, vois-tu, Mon ange, est tout entier
Dans ces deux bruits qui sont deux voix, deux voix austères;
Tous deux conseillent l'homme au miliéu des mystères,

Et lui montrent le but, le port, le gouvernail.
La cloche dit: prière! et l'enclume: travail!

15 septembre 1849
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Victor HUGO (1802-1885) Epilogue
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