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 Victor HUGO (1802-1885) C'est l'hiver. Ô villes folles

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MessageSujet: Victor HUGO (1802-1885) C'est l'hiver. Ô villes folles   Victor HUGO (1802-1885) C'est l'hiver. Ô villes folles Icon_minitimeDim 30 Oct - 22:41

C'est l'hiver. Ô villes folles,
Dansez! Dans le bal béant
Tourbillonnent les paroles
De la joie et du néant.

L'homme flotte dans la voie
Où l'homme errant se perdit;
En bas le plaisir flamboie,
En haut l'amour resplendit.

Le plaisir, clarté hagarde
Du faux rire et des faux biens,
Dit au noir passant: Prends garde!
L'amour rayonne et dit: Viens! -

Ces deux lueurs, sur la lame
Guidant l'hydre et l'alcyon,
Nous éclairent; toute l'âme
Vogue à ce double rayon.

Mer!j'ai fui loin des Sodomes;
Je cherche tes grands tableaux;
Mais ne voit-on pas les hommes
Quand on regarde les flots?

Les spectacles de l'abîme
Ressemblent à ceux du cour;
Le vent est le fou sublime,
Le jonc est le-nain moqueur.

Comme un ami l'onde croule;
Sitôt que le jour s'enfuit
La mer n'est plus qu'une foule
Qui querellé dans la nuit;

Le désert de l'eau qui souffre
Est plein de cris et de voix,
Et parle dans tout le gouffre
A toute l'ombre à la fois.
Où donc est la clarté? Cieux, où donc est, la flamme?
Où. donc est 1a lumière éternelle de l'âme?.
Où donc est. le regard. joyeux..qui voit toujours?
Depuis qu'en proie aux deuils, aux luttes, aux amours,
Plaignant parfois l'heureux plus que le misérable,
Je traverse, pensif, la vie impénétrable,
J'ai sans cesse vu l'heure, en tournant pas à pas,
Teindre d'ébène et d'or les branches du compas.
Penché sur la nature, immense apocalypse,
Cherchant cette lueur qui. jamais ne s'éclipse,
Chaque fois que mon oeil s'ouvre après le sommeil,
Hélas! j'ai toujours vu, riant, vainqueur, vermeil,
De derrière la cime et les pentes 'sans nombre
Et les blêmes versants de la montagne. d'ombre,
Le bleu matin surgir, -disant : Aimez! vivez!
Et rouler devant lui de ,ses deux bras levés -
L'obscurité, bloc triste aux épaisseurs funèbres;
Et, le soir,. j'ai ,toujours, sous le 'roc des ténèbres,
Tas monstrueux' de. brume où nul regard ne luit,
Vu retomber le jour, Sisyphe de la nuit. -

7 janvier 1855.


Que dit-il? Dieu seul recueille
Ce blasphème ou ce sanglot;
Dieu seul répond à la feuille,
Et Dieu seul réplique au flot.
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Victor HUGO (1802-1885) C'est l'hiver. Ô villes folles
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