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 Victor HUGO (1802-1885) La corde d'airain après Sedan

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Victor HUGO (1802-1885) La corde d'airain après Sedan  Empty
MessageSujet: Victor HUGO (1802-1885) La corde d'airain après Sedan    Victor HUGO (1802-1885) La corde d'airain après Sedan  Icon_minitimeDim 27 Nov - 22:15

APRÈS SEDAN 160
C'est bien. Essuyez-vous. France; Prusse, lavez
Toi, ton opprobre; toi, ta gloire. Vous avez
Chacune une rougeur au front; la honte épaisse
Sur toi, France; et sur toi, la Prusse, ton espèce
De victoire. César, quel pourboire veux-tu?
Cinq milliards. C'est fait. Empoche. Honneur, vertu,
Pudeur, fraternité, probité, passez, ombres!

L'avenir curieux viendra voir ces décombres
Qu'on appelait jadis justice, droit, raison.
Comme la ronce croît! `Comme la trahison,
La conquête, le vol, le meurtre et les rapines
Prospèrent vite, et sont fécondes en épines,
En nuit noire, en horreur, sur le temple abattu!
Comme un roi; d'or, de pourpre et dé haine vêtu,
Ploie et courbe à son gré la race la plus fière,
Et comme il est facile aux empereurs ,de faire
D'un peuple leur esclave et d'un lion leur chien!
Soyez russe, borusse, anglais, autrichien, -
Soyez lè coq, soyez l'aigle, soyez le cygne,
Votre maître vous tient, et n'a qu'à faire, un signe
Pour qu'il ne reste plus de vous, peuple détruit,
Que des oiseaux de proie et des oiseaux de nuit!
Vous étiez l'Allemagne et vous êtes la Prusse!
Hélas!

S'il existait, pour que j'y comparusse,
Un tribunal de rois, fier, auguste, hideux,
Présidé par ton spectre, ô noir Philippe-deux,
Un sombre. aréopage où siégerait Tibère,
Je dirais: Est-ce là que Satan délibère?
Et j'entrerais. Pourquoi? Pour leur dire: ceci:

-Je ne suis qu'un passant, moi qui.vous parle ici,
Mais regardez-moi bien, vous tous, césars de Rome,
Maîtres du monde, rois, papes, je suis un homme.
Ce que je veux, je viens-vous le crier: Je veux
La paix -pour nous, pour vous, pour nos derniers neveux;
Je veux le vrai, le beau, la fraternité, l'âme
De-Dieu même, l'Amour, ce rayon, cette flamme

Formidable, éclairant le bien, brûlant le mal,
Éblouissant tout, l'homme ainsi que l'animal,
Versant la vérité, la douceur, la clémence,
Et visible au plus haut des cieux dans l'ombre immense!
Je veux rouvrir l'éden à tous les grands souhaits;
Je veux la vérité, la justice, et je hais
Les fourbes, les tyrans, les traîtres, les transfuges,
Et c'est moi l'accusé, puisque c'est vous les juges.
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Victor HUGO (1802-1885) La corde d'airain après Sedan
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