PLUME DE POÉSIES
Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer.

PLUME DE POÉSIES

Forum de poésies et de partage. Poèmes et citations par noms,Thèmes et pays. Écrivez vos Poésies et nouvelles ici. Les amoureux de la poésie sont les bienvenus.
 
AccueilPORTAILS'enregistrerConnexionPublications
 

 Victor HUGO (1802-1885) L'orgi des meutres

Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité



Victor HUGO (1802-1885) L'orgi des meutres  Empty
MessageSujet: Victor HUGO (1802-1885) L'orgi des meutres    Victor HUGO (1802-1885) L'orgi des meutres  Icon_minitimeDim 27 Nov - 22:18

L'ORGIE DES MEURTRES


Ah çà, je. mets les points sur les i. Soit. J'admets
La guerre, à la rigueur; l'assassinat, jamais.
Avouez qu'il serait étrange que j'aimasse
La' tuerie en détail, moi qui l'exècre en masse,
Ou que, la réprouvant en détail, j'eusse un goût
Pour le sang, quand ses flots font déborder l'égout.
Oui, les cadavres sont voilés parles 'décombres;
Mais l'histoire plus tard saura des choses sombres.
Tu veux en vain couvrir, tablier du boucher,
La Saint-Barthélemy' malaisée ,à cacher;
Les éponges dés gens agenouillés sont vaines
Pour laver le ravin sinistre des Cévennes,
Et toujours il en suinte,un long ruisseau de sang.

L'assassinat a' beau'prendre un air innocent,
Prouver ce qui n'est pas, nier ce' qu'on démontre;
Expliquer ses raisons, dire son Pour et Contre;
Que, si l'on ne mettait personne hors -la loi,
Veuillot serait sans tâche et Carrier sans emploi,
(Tâche, n'oubliez pas cet accent' circdnflexe,
Imprimeurs), qu'on ne peut tenir compte du sexe,
De l'âge, et coetera, car on est fort pressé,
Et la chaux vive est là qui bout dans le fossé,
Que c'est une besogne après tout peu commode,
Qu'il faut se défier du pathos à la mode,
Qu'on voudrait vous y voir, messieurs les mécontents,
Que désormais voilà de l'ordre pour longtemps,
Qu'il faut tout extirper pour que rien ne menace,
Le meurtre a beau jurer ses grands dieux, saint-Ignace,
Fouquier-Tinville, Hébert, de Maistre, Jacques-deux,
C'est en vain qu'il ébauche un sourire hideux,
Il est le crime, issu du peuple et de la Bible,
Et, même pour le bon motif, il est horrible;
Qu'il se nomme Albe, Omar, Cromwell, Bellart, Marat,
Il est-toujours stupide et toujours scélérat.
Quel que soit le parti qui dans l'horreur se vautre,
Malheur au meurtre autant d'un côté Mie de l'autre!
Je trouve Atrée affreux, même tuant Caïn.
Qui que tu sois qui fus bourreau, cache ta main.
.Sache que tu ne peux à, ceci -te soustraire
Qu'un crime n'est jamais commis que sur un; frère,
Et que tôute victime-est soeur du meurtrier.
On distingue entre ' erreur et forfait, mais trier

Parmi les massacreurs, voir la neige ou le sable
Teints de sang, et plaider pour le tigre excusable,
Jamais. Nous n'aurons point pour le meurtre hébété
Ce pardon qui ressemble à la complicité.

Ah! que de Niobés, d'Hécubes et d'Électres!
Hélas! j'entends parler à voix basse les spectres,
Et jusqu'à mon oreille un sourd chuchotement
Des morts, à travers l'ombre, arrive vaguement.
Moi qui ne suis qu'un homme ayant pour loi de plaindre,
De lutter, de ne rien tuer, de ne rien craindre,
Qui vainqueur "m'agenouille et vaincu suis debout,
Ma résolution est d'aller jusqu'au bout.
Je sens en moi la force énorme, l'innocence.
N'avoir pour aucun crime aucune complaisance,
C'est ma loi. Je dis donc à tous la vérité.
A toi Rigault, à toi Galliffet. Probité,
Sincérité, devoir, c'est là toute-mon âme.
Les tueurs rouges ont au front le signe infame,
Mais je hais, comme étant aux rouges ressemblants,
Les fratricides noirs et les assassins blancs.
Je suis le balayeur impartial qui passe
Et jette aux quatre vents farouches de l'espace
Tout ce qui sàuille l'homme ou le peuple ou la loi,
L'assassin de Duval, l'assassin de Darboy,
L'erreur, point d'appui sombre où le crime' s'attache,
Haynau, Cissey, Jourdan-coupe-tête et sa hache,
Le prêtre et son missel, le reître et son cimier.
Quelque tas monstrueux que fasse le fumier,
Ne vous figurez pas, messieurs, que je recule.
Je rencontre Augias et j'ai l'humeur d'Hercule.

16 septembre.
Revenir en haut Aller en bas
 
Victor HUGO (1802-1885) L'orgi des meutres
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
PLUME DE POÉSIES :: POÈTES & POÉSIES INTERNATIONALES :: POÈMES FRANCAIS-
Sauter vers: