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 Victor HUGO (1802-1885) Son horreur, son front noir, son oeil de basilic

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Victor HUGO (1802-1885) Son horreur, son front noir, son oeil de basilic Empty
MessageSujet: Victor HUGO (1802-1885) Son horreur, son front noir, son oeil de basilic   Victor HUGO (1802-1885) Son horreur, son front noir, son oeil de basilic Icon_minitimeMar 29 Nov - 23:42

Son horreur, son front noir, son oeil de basilic;
Qui consent à venir travailler en public,
Et qui, prostituée, accepte sur les places,
La familiarité des fauves populaces!
Quant à flatter la foule et les passants, non pas.
Ah! le peuple est en haut, mais la foule est en bas.
La foule, c'est l'ébauche à côté du décombre;
C'est le chiffre, ce grain de poussière du nombre;
C'est le vague profil des ombres dans la nuit;
La foule passe, crie, appelle, pleure, fuit
Versons sur ses douleurs la pitié fraternelle.
Mais quand elle se lève, ayant la force en elle,
On doit à la grandeur de la foule, au péril,
Au saint triomphe, au droit, un langage viril;
Puisqu'elle est la maîtresse, il sied qu'on lui rappelle
Les lois d'en haut que l'âme au fond des cieux épelle,
Les principes sacrés, absolus, rayonnants;
On ne baise ses pieds que nus, froids et saignants.
Ce n'est point pour ramper qu'on rêve aux solitudes.
Le songeur et la foule ont des rencontres rudes
C'était avec un front où la colère bout
Qu'Ezéchiel criait aux ossements : Debout!
Moïse était sévère en rapportant les tables;
Dante grondait. L'esprit des penseurs redoutables,
Grave, orageux, pareil au mystérieux vent
Soufflant du ciel profond dans le désert mouvant
Où Thèbes s'engloutit comme un vaisseau qui sombre,
Ce fauve esprit, chargé des balaiements de l'ombre,
A, certes, autre chose à faire que d'aller
Caresser, dans la nuit trop lente à s'étoiler,
Ce grand monstre de pierre accroupi qui médite,
Ayant en lui l'énigme adorable ou maudite;
L'ouragan n'est pas tendre aux colosses émus;
Ce n'est pas d'encensoirs que le sphinx est camus.
La vérité, voilà le grand encens austère
Qu'on doit à cette masse où palpite un mystère,
Et qui porte en son sein qu'un ventre appesantit
Le droit juste mêlé de l'injuste appétit.
Voici le peuple avec son épouse, l'idée,
Voici la populace avec son accordée,
La guillotine; eh! bien je choisis l'idéal
Qui supprime Tyburn " abolit White Hall;
Et quand la mort, ouvrant son désastreux registre,
Me dit : - Que jettes-tu dans ce panier sinistre?
Ou la tête du peuple, ou la tête du roi ? -
Je dis : - Ni celle-ci, ni celle-là. - Ma loi,
C'est la vie; et ma joie, ô Dieu, c'est l'aube pure.
Je ne suis pas de ceux qui font la pourriture;
Je ne suis pas de ceux qui donnent à manger
Au sépulcre, où l'on voit ramper et s'allonger
L'affreux sarcopte éclos du miasme délétère;
Je ne suis pas de ceux vers qui les vers de terre,
Béants, tournent leur tête aveugle dans la nuit.
Tout supplice est un fait contre la loi, traduit,
Pour l'éducation des foules indécises,
Devant l'esprit humain, suprême cour d'assises.
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Victor HUGO (1802-1885) Son horreur, son front noir, son oeil de basilic
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