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 Victor HUGO (1802-1885) À ANDRÉ CHÉNIER

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MessageSujet: Victor HUGO (1802-1885) À ANDRÉ CHÉNIER   Victor HUGO (1802-1885) À ANDRÉ CHÉNIER Icon_minitimeJeu 29 Déc - 17:33

Tout à coup j'entendis s'éveiller ma voisine.
J'avais seize ans, bel âge où tous les chérubins
Rôdent, tâchant de voir par les vitres des bains,
Où la soutane est lourde et brûle les lévites,
L'âge que vous aviez, mon André, quand vous vîtes
Un beau matin, du fond de son réduit obscur,
Grâce à ces accidents de terrain ou de mur
Que le hasard nous offre avec quelque avarice,
Sortir du lit Myrrha, qui s'appelait Clarisse ;
Bref, je fis comme vous, mon doux André Chénier,
Et j'appliquai mon oeil aux fentes du grenier.
Elle bâillait, laissant entrevoir ses épaules ;
Puis, comme une naïade ondoyant sous les saules,
Par je ne sais quel brusque et naïf mouvement,
Rapide, elle écarta son drap si vaguement
Que l'oeil ne savait pas si ce charmant manège
Découvrait de la chair ou montrait de la neige.
L'aube, à côté de nous, dorait le vieux portail ;
Elle regarda l'aube ; - ici, Muse, un détail.
Soit qu'elle ignorât l'art de l'exquise indécence ;
Soit qu'étant gens voisins de l'antique innocence
On n'eût point fait alors ce progrès triomphal
D'avoir plus de dentelle encore au lit qu'au bal ;
Soit que la pauvre enfant n'eût pas même un centime
Dans son chétif budget pour la parure intime ;
Soit manque d'idéal ; soit enfin qu'Alizon,
Simple, n'eût pas prévu ces trous à la cloison ;
Soit pour toute autre cause, à votre choix, poète,
Sa toilette de nuit était fort peu coquette.
Un cordon lui serrait le cou lugubrement ;
On devinait son sein divin, son dos charmant,
Mais mon vers, obligé de peindre, se désole
De les empaqueter dans une camisole ;
Un serre-tête plat lui pressait les cheveux ;
Et je dois confesser, pour clore ces aveux,
PLAIRE À DEUX YÉUX CHARMANTS...
Que son bras, qu'eût chanté la nymphe de Sicile,
Se dérobait aux-yeux sous- un linge imbécile:
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Victor HUGO (1802-1885) À ANDRÉ CHÉNIER
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