PLUME DE POÉSIES
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 Victor HUGO (1802-1885) GUERRE

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Victor HUGO (1802-1885) GUERRE Empty
MessageSujet: Victor HUGO (1802-1885) GUERRE   Victor HUGO (1802-1885) GUERRE Icon_minitimeJeu 29 Déc - 18:59


GUERRE
Rien de 'plus juste, il faut payer les aumôniers,
Peuples, un éternel au pied de paix volts coûte
Moins cher qu'un Tout-Puissaùt au pied de guerre. En route,
Canons, mortiers, drapeaux, et vous, psaumes blindés
Couvrant les rois pendant qu'on joue un peuple aux dés,
Te Deum cuirassés, encensoirs de bataille !
Près des. tambours-majors dressant leur haute taille,
Que les Agnus Dei fassent la grosse voix !
[1872.]

Le .vautour se' prépare à dépecer les morts.
Il entend les chevaux hennir, rongeant le mors,
Et les casques sonner ainsi que des enclumes,
Et passe, frissonnant, son bec entre ses plumes.
La vieille bougonnait dans sa barbe ; les mômes
Grognaient, petit tas noir de Pierres et de Jeans ;
Le gîte était immonde à faire fuir les gens ;
Près du feu qui mettait son suif à la torture,
Une chandelle en deuil pleurait dans la friture.
[1858-1859.]
LE CROQUEMORT, titubant.'
Après m'avoir soûlé
De son vin de Surêne abject et peu salubre,
Cet être . m'a lâché ce calembour lugubre : .
Ami, tu portes bien la bière, et mal le vin. Carnet, 1856.
Ouragans. Visions.
Dans les nuages noirs pareils à des marées,
Flottent des yeux ardents, des faces effarées,
De vagues cheveux sur des fronts;
Les vents tumultueux .tournent comme des roues ;
On peut voir :dans les cieux des gonfléments de joues
Ajustés à de grands clairons.
[1872-1874.]

Dieu montre le bonheur et ne le donne pas.
[1832-1834.]
Euripide naissait le jour de Salamine :
Trophée où luit Sophocle, et qu'Eschyle domine.
Carnet, 1856.
[1852.]
' TAS DÉ PIERRES 905
Le progrès tue les'bêtes.de la'nuit, le mal et l'impur.
La porte de clarté sur notre monde noir
Ouvrira ses battants splendides, sans savoir
Si, tandis 'qu'elle épand 'l'aube à - nos fronts difformes,
Le cloporte écrasé meurt, daris -ses gonds énormes.
[1870-1872.]
À UN CRITIQUE
Un aveugle. a le tact très fin, très net, très clair ;
Autant que le renard des-bois, il a le flair ;
Autant que le chamois des monts, il a l'ouïe ;
Sa sensibilité, rare, exquise, inouïe,.
Du moindre vent coulis lui fait un coup de poing.
Son oreille .est subtile et délicate au point
Que.lorsqu'un oiseau chante,. il croit, qu'un.taureau beugle.
Quel flair ! quel tact ! quel goût ! - Oui, mais il est aveugle.
Octobre 1866.
À QUOI MAGLIA RÉPLIQUE PAR CE DOUBLE QUATRAIN :
Vous me trouvez- monotone
Avec mes' quatrains, vraiment !
A mon tour si. je m'étonne,.
C'est de votre étonnement. -

Sans que rien -les puisse abattre,
Pour aller vous supplier,
Mes vers toujours quatre à quatre
Monteront votre escalier.
[1836-1840.]
Que de religions profondément creusées
Pour t'enfouir, rayon que cherchent' nos pensées!
Je veux, te voir au fond.de l'ombre, je ne puis ;
Dieu fit la vérité, mais l'homme a fait. le. puits.
' [1857-1858.]
Je frissonne en songeant
Combien la destinée est trouble, obscure, amère,
Et que-c'est, triste énigme ! en parlant à sa mère
' Que Jésus; Christ du - monde et maître de la loi,
.Dit : - Qu'est-il de commun, femme, entre vous et moi ?
.- . ' . [1858-1860.]
Idée ! art, science, mystèrè, . .
O souffle de Delphe ou d'Endor,
Courbe toi, poésie austère,
Sous la royauté du sac d'or.
906 DERNIÈRE GERBE
L'intérêt .te fouette attelée
A sa charrette, ô muse ailée !
Il rit dé toi, le ventre plein ;
Il te broie én 'ses mains` félonnes,
Et du disque de tes colonnes
Fait la meule de son moulin.
[1872-1874]
Oui, nos illusions s'éteignent flamme à flamme.
Et pourtant, que la gloire ou l'oubli le réclame,
Au matin de ses ans, au déclin de ses jours,
Chacun n'a-t-il pas dans son âme
Un songe qu'il rêve toujours"?

Les prophètes sont pleins d'un jour mystérieux ;
Ils songent, et l'on voit des lueurs dans leurs yeux,
Et c'est par leur clarté que se font reconnaître
Ces hommes transparents que l'avenir pénètre 5°
[1875-1877]
Ecoutez ce que dit le ,voluptueux sombre :
- Le mal d'autrui s'ajoute à vos plaisirs dans l'ombre ;
Il est doux, quand le vent trouble, le gouffre amer,
D'être sur terre alors. qu'un' autre, est sur la mer.
Carnet, 1861.
Les grands hommes plus tard sont vengés par l'histoire.
Mais c'est quand ils sont morts qu'on dit : ils sont vivants.
Tant qu'ils sont là, la haine acharnée à leur gloire
Poursuit cette fumée et la disperse aux vents.
[1848-1850.]
Toute' haute figure .un jour est ,abattue.
Le peuple brise un homme après l'avoir porté.
Le piédestal finit par haïr la statue,
Car il en sent le poids sans en voir la beauté.
[1848-1850.]
Venise. Palais des doges.
L'escalier des géants (où les doges sont proclamés,
où Faliero a été décapité).
Au bas .de l'escalier,
Sur deux socles, parmi les roses et les trèfles,
L'architecte a sculpté deux paniers pleins de nèfles
Pour faire entendre au peuple, enfant aux mille cris,
Que les hommes d'état ne sont bons que' pourris.
[1857-1858.]
TAS DE PIERRES 907
Avez-vous vu parfois dans le soleil lévant,
Tournoyer, cendre d'or, les atomes du vent,
Étoilant le néant, faisant dans la lumière
Avec des grains 'de cendre et des grains de poussière
Des constellations d'infiniment petits ?
[1858.]
Des soldats mèdes sont rangés encercle aùtour
De cette tente ayant la forme d'une tour ;
Leurs boucliers sont faits de peau de nasicorne ;
Ils ont le sabre nu, la mître au .front, l'air, morne,
L'oeil triste, et sur les mains du sang jamais lavé.
;Le trône, formidable et lourd, fait d'un pavé,
Est sur .un. drap de pourpre, au : centre, de la tente.
. [1870-1871.]
Progrès de la science.
Astronomie. (17° siècle.)
Le réseau des soleils,. des mondes et des cieux,'
Entrevu= malgré l'ombre et dérrière la .nue,
Filet où l'âme humaine est prise' et retenue,
Et qui croise sés fils vertigineux dans l'air,
Se défait maille à maille autour du pâle Euler.


Le même vent d'en haut courbe les foules pâles,
Et ces hommes, géants des ténèbres fatales,
Qui fâ.uchent l'homme sans rèmord,
Et qui, soldat, bourreau, mufti, sultan, ministre,
Quand elle va monter sur son cheval sinistre,
Tiennent l'étrier,à la mort. ...
[1859-1861.]
Un jour, pensif, tourné vers l'obscur horizon,
Debout, parlant du haut de la colline verte
A tout un peuple ému près d'une fosse ouverte,
J'ai dit 51 : - La mort n'a rien dont tremble la raison.
Les sages n'ont pas peur des ombres éternelles.
Ils savent que le corps y trouve une prison,
: Mais, que l'âme y trouve des, ailes ! .
[1848-1850.]
Ô mes petits-enfants, ayez pitié des' âutres.
Anges là-haut, soyez en bas d'humbles apôtres,
Plaignez tous ces pieds nus meurtris aux durs pavés.
Georges, Jeanne, donnez touf ce que vous avez.
[1858.]
[1875-1877.]
908 DERNIÈRE GERBE
Être frère aux souffrants, être père aux petits.
[1872-1874.]

Riche, donne ton bien ; pauvre, donne ton coeur.
[1878-1880.]

De qui donne sa vie et son or aux plaisirs,
Aux femmes, aux chevaux, au jeu, l'aumône est rare :
Un prodigue toujours est doublé d'un avare.
Carnet, 1874.
Je ne suis pas un saint, je tâche d'êtrè un justé.
[1875-1877.]
En riant de la chair dans' la chanson obscène,
L'âme est comme un forçat qui joue avec sa chaîne.
[1859-1860.]
La douleur qui s'en va passe en jetant des cris.
Soupirs, larmes, sanglots, deuil rapide et prolixe,!
Le désespoir .au front sévère, au regard fixe, .
Se tait, sans oublier et sans se, résigner.
L'oeil qui. ne pleure pas laisse le coeur saigner.
[1843-1844.]
La douleur se mesure à la grandeur du coeur.
Carnet, 1864.
L'enfant ne meurt qu'une fois, mais le père !
Il mourra tous les jours jusqu'à ce qu'on l'enterre.
Le premier serviteur du père, c'est le fils.
Carnet, 1862.
L'esclave prosterné s'avilit et m'éclaire.
Quelquefois on échoue où l'on croit débarquer.
[1840-1844.]
[1875-1877.]
[1856-1858.]
Qui change en y perdant change par conscience.
Carnet, 1867.
Tel imbécile prend le dégoût pour le goût. [1872.]
La vie est un remords quand elle est inutile.
[1866-1868.]
TAS DE PIERRES 909
Ma destinée étant .de ,mourir en exil,
Je me.suis arrangé sous un rocher farouche
.. Mon tombeau. Comme on fait son sépulcre, on se couche.
[1863-1864.]
Quoique d'air inondé, quoique plein de lumière, .
. Le penseur solitaire au désert est pareil ;
' Sombre malgré l'espace et malgré le soleil.
[1859.]
Ainsi 1 'écrivain' turc, dans .la cour des mosquées,
Au devant du passant et du premier. venu,
Se rue, et ses haillons troués montrent à nu,
Pendant qu'offrant son style il s'acharne à vous suivre,
' Son flanc maigre que bat l'écritoire de cuivre.
[1858-1860.]
Je préfère à Paris, 'au Louvre, aux Tuileries,
Aux grands carrosses d'or couronnés de laquais,
Aux spectacles, aux. bals, aux fêtes, aux banquets,
Au cirque_ éblouissant où plane l'écuyère,
Les chansons qu'on entend. le soir dans le bruyère.
Carnet, 1861.
Tas d'esclaves ! histoire! Ah !,quel troupeau. nous sommes !
Tas de tyrans ! l'un chasse aux oiseaux, l'autre aux hommes ;
Ils s'ébattent ; chacun dans son genre.est complet ;
Chacun s'en va chasser la chasse qui lui plaît,
Marchant, l'un dans le sang, l'autre dans la rosée ;
Et chacun porte au poing sa bête apprivoisée :
Louis treize un faucon, et Richelieu le roi 52.
[1838-1840.]
L'avare qui dans l'ombre enfouit loin du jour
Son: trésor qui lui pèse, .
Et qui croit toujours voir s'amonceler autour
, .. , ' La foule aux yeux de braise.' . .[1838-1840.]
C'est un sage, dites-vous ?

Et moi, je vous le dis, il fera cent folies.
C'est un homme amoureux ? C'est un homme nouveau.
L'amour, dont les chaleurs nous Montent au cerveau,
A bien vite, troublé 1a raison éclipsée.
Cent chimères qui font vacillèr la pensée;
Un brouillard qui remplit l'esprit d'illusions;
Un tourbillon confus de folles actions;
910 DERNIÈRE GERBE
Sortent de ce brasier dont l'âme est consumée.
D'un feu qui brûle au coeur la tête a la fumée 5'
[1840-1844.]
Le fleuve se recourbe à nos pieds dans la plaine
Comme un grand fer forgé pour un cheval géant.
Album, 1836.
Les perles de rosée et les pleurs des tempêtes
Sont des gouttes des mêmes eaux ;
Le petit cri des nids répond aux flots sublimes ;'
Le même pied remue, ô Dieu, tous les abîmes
Et balance tous les berceaux. -
LE REMORDS
Si vous êtes bon, juste et doux, vos actions
Volent dans votre nuit comme des alcyons ;
Le souvenir vous baise au front dans tous vos rêves ;
Si vous êtes bandit, si vous heurtez les glaives,
Si vous faites' le mal, le souvenir vous mord
Dans l'ombre, avec les dents d'une tête de mort.
Carnet, 1856.
Le faux peut quelquefois n'être pas vraisemblable 54.
Je 'crois à la prière et je crois à mes fautes.
Carnet, 1874.
L'encens
Qui monte à Dieu du fond des lys reconnaissants.
[1838-1840.]
Les forces de la nuit sont joyeuses des peines
Qui tombent par instants sur les têtes-humaines.

Et quand la terre a vu quelque grand châtiment,
Quelque tyran tombé sur son trône fumant,
Les tonnerres, vers l'ombre où songe l'Invisible,
Reviennent en chantant leur fanfare terrible.
Loin dans l'obscurité, battu d'affreuses. grêles,
Hérissant de gibets le toit de ses tourelles,
Plus noir que le vol du corbeau, .
Vague, confus, brumeux, perdu dans l'insondable,
L'édifice du mal apparaît formidable.
Comme le spectre d'un tombeau., ,
[1859-1861.]
[1859.]
TAS DE PIERRES 911
L'enseignement mystérieux est nécessaire.
Songeurs du lac et du rocher,
Bardes, mages, hommes des voiles,
Il faut de plus en plus pencher
Le genre humain vers les étoiles.
' [1869-1872.]
Je l'ai cueillie au bord d'une eau cachée et lente,
Elle est bleue et demain on la verra jaunir.
La fleur du, souvenir n'est pas bien. ressemblante,
Car la fleur passe et meurt, et non le souvenir.
Carnet, 1861.
L'ORAGE
Quel monstre que la foudre ! et qu'est-ce donc, abîme,
Que ce vent qui remue avec un bruit sublime
Tout l'effrayant plafond du ciel, et qui produit
L'énorme craquement des poutres de la nuit ?
Carnet, 1857.
Àu-dessus du vieux lit, moisissait .dans un cadre
Un portrait d'un, aïeul quelconque, en chef d''escadre,
Qui, dans un golfe ayant la. courbure d'un G,
Bombardait un grand-turc, par les mites rongé.
[1859.]
Le temps mène le deuil de nôtre destinée ;
'La terre est un sépulcre, et la lugubre année,
Gardienne pâle des tombeaux,
Autour du cénotaphe où gît, couvert de voiles,
Le genre humain couché sous le drap des étoiles,
Allume ses douze flambeaux.
La bise fait le bruit d'un géant qui soupire ;
La fenêtre palpite et la porte respire ;
Le vent. d'hiver glapit sous lesrtuiles des toits ;'
Le feu fait à mon atre une pâle dorure ;
Le trou de ma serrure
Me souffle sur les doigts.
, SOMMEIL
Ô pesanteur formidable
De la paupière qui dort !
L'âme est dans l'ombre insondable,
Et l'oeil .ténébreux est mort..
[1854.]
[1832.]
[1860-1862.]
912 DERNIÈRE GERBE
Le lys est la coupe de l'âme. [1854.]
Quand le coeur. est malade, il cherche à se guérir.
Il se rappelle alors, triste jusqu'à mourir,
Par quels secours le ciel calme notre souffrance ;
Et c'est de souvenir qu'est faite l'espérance.
[1834-1836.]
Enfant ! n'ayons jamais de' haine pour les hommes.
Lorsqu'ils sont malheureux, - tous; hélas ! nous le sommes, -
Plains-les, ne donne pas ton bon coeur à moitié,
Et lorsqu'ils sont méchants, ajoute à la pitié !

Le méchant souffre plus, donc il faut plus le plaindre.
[1830.]
Ô ciel, éternel rêve
. Des chaldéens, des grecs, des guèbres, des hébreux!
Quelle est donc la moisson du grand champ ténébreux ?
Sur quels grains merveilleux, sur quels épis sublimes
Tourne-t-il donc, au fond des sinistres abîmes,
Ce zodiaque obscur, meule de l'infini ?
[1859-1862.]
On n'arrache pas Dieu des coeurs facilement.
[1874-1876.]
La terre est belle, amis, quoique pleine de tombes ;
Dehors sont les jardins, les roses, les colombes,
Les filles aux seins nus, les rayons ; et dedans
Les morts silencieux qui tiennent dans leurs dents
Un denier pour payer à Caron leur passage.
[1862-1864.]
L'encre, cette noirceur d'où sort une lumière.
[1856.]
Eh ! quoi ! vous affamez les nations, tyrans ?
Imbéciles ! la faim est un loup ; prenez garde
A la faim ; la misère est sinistre et hagarde ;
Ah ! baîllonnez du moins le peuple avec du pain !
[1868-1869.]
Fais passer ton esprit à travers le malheur.
Comme le grain du crible, il sortira meilleur !
20 janvier 1835.
TAS DE PIERRES 913
LES IVRESSES
La vigne gaie et verte et de grappes chargée,
Rit au seuil des maisons et' grimpe jusqu'au toit ;
Le houblon est joyeux sur la terre et l'où voit
Dans les larges tonneaux où trempe sa guirlande
Mousser l'ale d'Ecosse ou le porter d'Irlande.
Carnet, 1861.
Il est bon d'être ancien et mauvais d'être vieux.
[1832-1836.]
Pour cheveux blancs, cheveux gris c'est jeunesse 55
[1834-1836.]
L'amour...
[1840-1842.]
L'océan, vieux guerrier, vieux sabreur des rochers.
Son écume, est de neige et sa vague est de nuit.
Il a la barbe blanche et la moustache noire.
[1857-1858.]

Quiconque est envieux s'avoue inférieur.
Mettez en prière l'enfant,
Nous sommes accablés par la Toute-Puissance,
Faites intercéder pour nous cette innocence,
Mère, employez votre ange à désarmer le ciel.
[1862-1864.]
Sa bonne humeur énorme est une plénitude ;
Il est hilare, il est folâtre, il est serein ;
Et jamais un soupir, un nuage, un chagrin,
Un regret, un souci, ne comprime et n'étrique
Son rire olympien et sa joie homérique.
[1862-1864.]
Et dans le clair-obscur court la rivière étroite ;
Parfois le paysage étrange qui miroite
Ressemble à ces dessins qu'on voit dans l'acajou.
Un vieux château, bâti par les comtes d'Anjou,
Dresse sur l'horizon sa silhouette noire.
Heureux l'homme
Que ce feu brûle encore à l'âge où tout s'éteint 56
[1859.]
[1864-1866.]


914 DERNIÈRE GERBE
Dieu, qui créa la nuit, ne peut punir l'erreur.
Toi qui t'es seulement trompé, sois sans terreur.
L'homme un jour contre.lui, dans ces ombres si hautes,
N'aura pas ses erreurs, mais il aura ses fautes.
[1874-1876.]

On distingue, malgré son mystère et ses voiles,
Dieu par la claire-voie immense des étoiles.
[1873-1874.]

Tous les hommes sont l'Homme, et tous les dieux, c'est Dieu.
[1874.]

Ô folie ! ô génie ! effrayants voisinages !
La forme du bonheur change avec les années.
L'homme scande ici-bas le vers qu'il chante au ciel.
La vie est un torchon orné d'une dentelle.
[1859.]
[1830.]
[1859.]
[1859.]





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