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 Victor HUGO (1802-1885) LA VOIX DE GUERNESEY

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Victor HUGO (1802-1885) LA VOIX DE GUERNESEY  Empty
MessageSujet: Victor HUGO (1802-1885) LA VOIX DE GUERNESEY    Victor HUGO (1802-1885) LA VOIX DE GUERNESEY  Icon_minitimeSam 31 Déc - 11:46

LA VOIX DE GUERNESEY

Un français c'est la France, un romain contient Rome
Et ce qui brise un peuple avorte au pieds d'un homme.
Ces jeunes gens, ces fils de. Brutus, de Câmille,
De Thraséas combien étaient-ils? quatre mille.
Combien sont morts? six cents. Six cents! comptez, voyez.
Une dispersion de membres foudroyés,
Des bras rompus, des yeux troués et noirs, des ventres
Où fouillent en hurlant les loups sortis des antres,
De la chair mitraillée au milieu des buissons,
C'est là tout ce qui reste, après les trahisons,
Après le piège, après les guet-apens infâmes,
Hélas, de ces grands coeurs et de ces grandes âmes!
Voyez. On les a tous fauchés d'un coup de faulx.
Leur crime? ils voulaient Rome et ses arcs triomphaux;
Ils défendaient l'honneur et le. droit, ces chimères.
Venez, reconnaissez vos enfants, venez, mères!
Car pour qui l'allaita, l'homme est toujours l'enfant.

Tenez; ce front hagard, qu'une balle ouvre et fend,
C'est humble tête blonde où jadis, pauvre femme,
Tu voyais rayonner l'aurore et poindre l'âme;
Ces lèvres, dont':l'écume a souillé le gazon,
O nourrice, après toi bégayaient ta chanson;
Cette main froide, auprès de ces paupières closes,
A fait jaillir. ton. lait sous ses petits doigts roses;
Voici le premier-né; voici le dernier-né.
O d'espérance éteinte amas infortuné!
Pleurs profonds! ils vivaient; ils réclamaient leur Tibre;
Etre jeune n'est pas complet sans être libre;
Ils voulaient voir leur aigle immense s'envoler;
Ils voulaient affranchir, réparer, consoler;
Chacun portait en soi, pieuse idolâtrie,
Le total des affronts soufferts par la patrie;
Ils savaient tout compter, tout, hors les ennemis;
Beaux, vaillants, jeunes, morts! Adieux, nos doux amis,
Les heures de lumière et d'amour sont passées,
Vous n'effeuillerez plus avec vos fiancées
L'humble étoile des prés qui rayonne et fleurit...

Que de sang sur ce prêtre, ô pâle Jésus-Christ!
Pontife élu que l'ange a touché de sa palme,
A qui Dieu commanda de tenir, doux et calme,
Son évangile ouvert sur le monde orphelin,
O frère universel à la robe de lin,
A demi dans la chaire, à demi dans la tombe,
Serviteur de l'agneau, gardien de la colombe,
Qui des cieux dans ta main portes le lys tremblant,
Homme près de ta fin, car ton front est tout blanc
Et le vent du sépulcre en tes cheveux se joue,
Vicaire de celui qui tendait l'autre joue,
A cette heure, ô semeur des pardons infinis,
Ce qui plaît à ton coeur et ce que tu bénis
Sur notre sombre terre où l'âme humaine lutte,
C'est un fusil tuant douze hommes par minute!

Jules deux reparaît sous ma mitre de fer.
La papauté féroce avoue enfin l'enfer.

Certes, l'outil du meurtre a bien rempli sa tâche;
Ces rois! leur foudre est traitre et leur tonnerre est lâche.
Avoir été trop grands, Français, c'est importun:
Jadis un contre dix, aujourd'hui dix contre un.
France, on te déshonore, on te traîne, on te lie,
Et l'on te force à mettre au bagne l'Italie.
Voilà ce qu'on te fait, colosse en proie aux mains!
Un ruisseau fumant coule au flanc des Apennins.
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