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 Victor HUGO (1802-1885) Le crime est consommé. Qui l'a commis? ce pape?

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MessageSujet: Victor HUGO (1802-1885) Le crime est consommé. Qui l'a commis? ce pape?   Victor HUGO (1802-1885) Le crime est consommé. Qui l'a commis? ce pape? Icon_minitimeSam 31 Déc - 11:51

Le crime est consommé. Qui l'a commis? ce pape?
Non. Ce roi? non. Le glaive à leur bras faible échappe.
Qui donc et le coupable alors? Lui. L'homme obscur,
Celui qui s'embusqua derrière notre mur;
Le fils du Sinon grec. et,du Judas biblique;
Celui qui, souriant, guetta la république,
Son serment sur ie front, son poignard à la main.

Il est parmi vous, rois, ô groupe à peine humain,
Un homme que l'éclair de temps en temps regarde.
Ce condamné, qui triple 'autour de lui sa garde,
Perd sa peine. Son tour approche. Quand? bientôt.
C'est pourquoi l'on entend un grondement là. haut.
L'ombre est sur vos palais, ô rois. La nuit l'apporte.
Tel que l'exécuteur frappant à votre porte,
Le tonnerre demande à parler à quelqu'un.

Et cependant l'odeur des morts, affreux parfum
Qui se mêle à l'encens, des Tedeums superbes,
Monte du, fond des bois, du, fond des prés pleins d'herbes,
Des steppes, des marais, des vallons, en tous lieux!
Au fatal boulevard de Paris oublieux,
Au Mexique; en Pologne,. en Crète. où la nuit tombe,
En Italie, on sent un miasme de tombe,
Comme si, sur ce globe et sous le firmament,
Étant dans sa saison d'épanouissement,
Vaste mancenillier " de la terre en démence,
Le carnage vermeil-ouvrait sa fleur immense.
Partout des égorgés! des massacrés partout!
Le cadavre est à terre et l'idée est debout.
Ils gisent étendus dans les plaines farouches.
L'appel aux armes flotte au dessus de leurs bouches.
On les dirait semés. Ils le sont. Le sillon
Se nomme Liberté. - La mort est l'aquilon,
Et les morts glorieux sont la graine sublime
Qu'elle disperse au loin sur l'avenir, abîme.
Germez, héros! et vous, cadavres, pourrissez.
Fais ton oeuvre, ô mystère! épars, nus, hérissés,
Béants, montrant au ciel leurs bras coupés qui pendent,
Tous ces exterminés, immobiles attendent.

Et tandis que les rois, joyeux et désastreux,
Font une fête auguste et triomphale entre eux,
Tandis que leur Olympe abonde, au fond des nues,
En fanfare, en festins, en joie, en gorges nues,
Rit, chante, et, sur nos fronts, montre aux hommes contents
Une fraternité de czars et de sultans,
De son côté, là-bas, au désert, sous la bisé,
Dans l'ombre avec la mort le vautour fraternise;
Les bêtes du sépulcre ont leur vil rendez-vous;
Le freux, la louche orfraie, et le pygargue roux,
L'âpre autour, les milans, féroces hirondelles,
Volent droit aux charniers, et tous, à tire d'ailes,
Se hâtent vers les morts, et ces rauques oiseaux
S'abattent, l'un mordant la chair, l'autre les os,
Et, criant, s'appelant, le feu sous les paupières,
Viennent boire le sang qui coule entre les pierres.
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