PLUME DE POÉSIES
Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer.

PLUME DE POÉSIES

Forum de poésies et de partage. Poèmes et citations par noms,Thèmes et pays. Écrivez vos Poésies et nouvelles ici. Les amoureux de la poésie sont les bienvenus.
 
AccueilPORTAILS'enregistrerConnexionPublications
 

 Victor HUGO (1802-1885) AMNISTIE

Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité



Victor HUGO (1802-1885) AMNISTIE Empty
MessageSujet: Victor HUGO (1802-1885) AMNISTIE   Victor HUGO (1802-1885) AMNISTIE Icon_minitimeSam 31 Déc - 14:49

AMNISTIE
Il- semble que les champs devraient être lugubres
Et mécontents,
Et qu'il' devrait sortir des forêts insalubres
Un faux printemps; -

Eh bien, non! mai l'accepte et floréal' l'accueille,
Et ce pervers
Ne fait pas perdre un nid, une branche, une feuille
Aux buissons verts '

Et l'entréeeri enfer due à ce, misérable,
- - C'est ce jardin, '
Le lys,` l'églantier, l'orme; `et le cèdre' et l'érable;
O lâche éderi! -
. chez lui. '
Jamais ' par une phis' monstrueuse- ouv'erfure
Lé mal n'a lui.
Le sort est vil; . de' nous toujours,.,traître `et fantasque,
Il s'est'jotié; '
Mais jamais' jusqu'ici- l'on n'avait' vu ce masque
Si dénoué. '

Et c'est l'étonnement des prophètes moroses; '
De toi, martyr, ' '
De toi,, penseur, que tant de crime à tarit dé' roses
Puisse aboutir.
Il s'assied sous un hêtre; il murmure J'oublie.
Oubliez. Oublions. - Douce mélancolie!-
Puis, tendre, il prend sa flûte et soupire: .

. - ..= Ô proscrits!
Pyrame aima Thisbé,. Céphale aima.,Procris,
Je vous: aime. Accourez. Bannis, je 'vous:appelle.
Amnistie est un mot singulier que j'épelle;
Je. ne; sais pas très bien ce qu'il .veut dire: Et vous?
Mais je vous aime. L'ombre est tiède, l'air. est doux.
Tl est' dans. le printemps; il est dans la' nature-

Proscrits, je songe à vous dans ma joie innocente;
Pour que je sois heureux il faut que je vous sente
Respirer le même air que moi dans les vallons.
Revenez. Je le sais, les jours d'exil sont longs.
Il est temps qu'enfin moi, vous, vos fils, vos compagnes,
Nous allions tous ensemble errer dans les campagnes
Et que nous écoutions sous les mêmes berceaux
Et sous le même ciel le même chant d'oiseaux.
Il est temps que je dise à mon Pinard 40 fidèle
Tiens! voici le proscrit, et voici l'hirondelle!
Dieu te ramène l'une, et moi l'autre. Exilés,
Prenez la clef des champs dans mon trousseau de clés;
L'air du pays. natal plaît à l'âme des sages;
Les champs vous calmeront. Beauté des paysages!
Moi César, devant qui Béhic 41 est à genoux,
Chers bannis, je vous rends la patrie. Aimons-nous.
Revenez. Craignez Nous que mes chiens ne vous mordent?
Non. Mon sénat est doux. Les coeurs enfin s'accordent,
Et de boucher je suis redevenu berger.
Plus de banni dehors, dedans plus d'étranger,
Je suis français. Amis, j'ai quitté mon écorce;
Car pour-être français et cesser d'être corse,
Il suffit que l'é manque ou que l'i soit ôté;
Moi je suis Bonaparte et non .Buonaparté.
Conti, l'homme par qui le vrai chez moi pénètre,
Se change en monsieur Conte et Piétri 42 devient piètre.
Donc, nous serons français, vous vivrez sous mes lois.
Accourez dans mes bras. Ainsi les vieux gaulois
Se réconciliaient trinquant sous la tonnelle;
Le fond du verre était garni de pimprenelle.
Mon âme en sa beauté s'offre à vos yeux. Hélas!
Laissez-vous attendrir, proscrits. Quand Ménélas
Vit le sein nu d'Hélène, il jeta son épée.
Ma molle rêverie est de vous occupée.
Ingrats, vous détournez les yeux de mes appas.
J'ai beaucoup de Parieux, de Fialins, de Maupas 43,
De juges, de soldats, et de billets de banque;
Mais proscrits, vous absents, quelque chose me manque.
Je ne sais ce que j'ai, je fuis dans les forêts.
En vain le Moniteur m'arrive, humide et frais,
J'ai beau suivre aux prés. verts la vache aisée à traire,
Et songer au budget; j''ai-beau pour me distraire
Laisser errer mes yeux sur lecrâne poli
Du maréchal Regnault de Saint-Jean-d'Angely;
En vain je verse Aÿ, Nuits, Sauterne, Alicante
A Rouher qui me fait l'effet d'une bacchante;
Boudet en vain me suit, poussant de longs abois;
En vain je -vois Troplong .sourire au fond des bois;
En vain tous mes curés sur qui vous vous trompâtes,
Tous mes évêques, gros et gras, joignent leurs pattes,
Revenir en haut Aller en bas
 
Victor HUGO (1802-1885) AMNISTIE
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
PLUME DE POÉSIES :: POÈTES & POÉSIES INTERNATIONALES :: POÈMES FRANCAIS-
Sauter vers: