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 Victor HUGO (1802-1885) AMNISTIE

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Victor HUGO (1802-1885) AMNISTIE Empty
MessageSujet: Victor HUGO (1802-1885) AMNISTIE   Victor HUGO (1802-1885) AMNISTIE Icon_minitimeSam 31 Déc - 14:50

AMNISTIE ' '
Et font un hourvari de prières; en vain.
Romieu le faune, en vain Bacciochi le sylvain
Soufflent éperdûment dans leurs buccins de cuivre;
En vain Morny, buvant; aimable, sanglant, ivre,
Sur son char attelé de tigres, passe au fond
Du hallier où Dodone avec Bondy se fond;
Aux applaudissements des nymphes familières,
En vain, le thyrse en main, ventru, coiffé de lierres,
Baroche énorme et gai vient monté sur Nisard;
En vain Delangle°5 est bête, en vain Fould est gueusard;
Je suis triste. Je sens du vague. Chaix-d'Est-Ange
M'ennuie; et par moments je me-tourne: - Qu'entends-je?
Est-ce leur pas? vont-ils revenir, mes bannis? -
Oh! revenez! Avril gazouille dans les nids,
Toutes les fleurs des bois mêlent leurs aromates,
Venez! pontons, cachots, poucettes, casemates,
Cayenne, Lambessa, j'oublierai .tout. Venez!
Quand même on me mettrait-Fould en fleur sous le nez,
Quand Suin décolleté montrerait ses-épaules,
Quand Glandaz et Leboeuf, pleureurs comme 'deux saules,
Me chanteraient Dunois sur la muse de blé, -
Mon vide,' je le sens; ne serait pas comblé.
Il me faut mes proscrits,' mes proscrits à. moi. Certe,
Je suis grand, mais sans vous la patrie ést déserte.
Rentrez. 'Plus d'exil. Joie et chansons! Doux émoi!
Vous me contemplerez ayant autour de''moi
Boitelle, Martinprey, Forey, .Magnan et Magne;
Ainsi les' douze pairs entouraient Charlemagne:
Vous verrez mon petit apprendre l'A'B C.
Voyons, finissons-en, liquidons le passé.
Vous étiez endormis; j'ai surpris, vos vedettes.
Si l'on ,n'est' empereur, comment payer ses dettes?
Il, le fallait. Le.Louvre exempte de Clichy 4.6.,
Un parvenu n'est rien .s'il n'est un. enrichi.
Comprenez. Vous savez,, il vous ,passe .une idée.
La Françe était en vie et je l'ai poignardée,
J'en conviens, j'ai commis ce péché véniel,
Avec Canrobert, Korte,,;Espinasse et Niel.
La République un. jour s'éveilla désarmée,
Et.-me vit souriant, debout,. mèche allumée;
J'ai.tiré. le canon, puis .on s'est tenu coi;
J'avais peut-être un peu juré je ne sais quoi; ,
Mais à tous ces vieux faits qu'est-ce qui s'intéresse?
Ce fut un coup de. force avec, un tour d'adresse;
Je fus Machiavel compliqué d'Auriol ;
Vous .étiez: la loi, soit, et je fus le viol..
N'en-parlons plus. Je hais les choses éternelles,
Elles sont sans-pitié, l'implacable est en elles.

L'enfer dirait Toujours, mais moi je dis Assez!
Je vous ai mitraillés, traqués, bannis, chassés,
Dispersés, comme un tas de cendre dans l'espace,
Volés, assassinés... - Eh bien, je vous fais grâce!
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Victor HUGO (1802-1885) AMNISTIE
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