PLUME DE POÉSIES
Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer.

PLUME DE POÉSIES

Forum de poésies et de partage. Poèmes et citations par noms,Thèmes et pays. Écrivez vos Poésies et nouvelles ici. Les amoureux de la poésie sont les bienvenus.
 
AccueilPORTAILS'enregistrerConnexionPublications
 

 Victor HUGO (1802-1885) chercha. Ce fut toi qu'il trouva, misérable!

Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité



Victor HUGO (1802-1885) chercha. Ce fut toi qu'il trouva, misérable! Empty
MessageSujet: Victor HUGO (1802-1885) chercha. Ce fut toi qu'il trouva, misérable!   Victor HUGO (1802-1885) chercha. Ce fut toi qu'il trouva, misérable! Icon_minitimeSam 31 Déc - 14:55

chercha. Ce fut toi qu'il trouva, misérable!

Donc on prit cette femme. Il est fort déplorable
Qu'on n'ait plus la torture. A bas Beccaria!
On fit du mieux qu'on put. On mit la paria
Dans un trou, sur un lit de paille, au fond de l'ombre.
Les geôles ont toujours quelque cabanon sombre,
Trop court pour qu'on s'y puisse étendre, trop étroit
Pour qu'on marche, et trop bas pour qu'on s'y tienne droit.
Le captif est là, seul, sous lés noeuds qu'on,lui forge,
Sous le poing de la nuit qui lui serre la gorge,
Et l'insomnie, en pleurs brûle ses yeux sanglants.
Cela remplace un peu le réchaud de Vouglans,
Le chevalet, l'étau de bronze, la rapière
Lardant le patient sur la tablé de pierre,
Et le bouc qui léchait un homme enduit de miel.
Là, sans point d'apptii, loin des hommes, loin du ciel,
Sentant la voix du juge ainsi qu'une piqûre,
Pendant que' chaque' jour grossit sa charge obscure,
Le prisonnier se dit: Je ne sais où je vais!

Personne assurément ne peut trouver mauvais
Qu'ayant besoin de faire avouer cette femme,
On l'enterrât vivante en cette crypte infâme.
C'est juste. On s'arrangea de façon qu'elle fût
Sans jour, sans àir, avec le geôlier à l'affût,
Guettant ses pleurs, ses cris, sa faim, sa soif, ses rêves;
L'affreux tourment qui n'a ni relâches ni trêves,
L'étouffement, pesait sur elle. Ne pouvoir
Respirer, et râler dans l'ombre, et ne rien voir!
Ne pas dormir! Toujours dans l'immonde cellule
Quelque fourmillement effroyable pullule.
Les murs glacés ont l'air d'être vos ennemis.
Oh! les hideux' cachots! il semble 'qu'on ait mis
Un morceau de la nuit du tombeau dans ces caves.
Mais si .l'on n'avait pas ces geôles, ces entraves,
Ces gênes, tout irait fort mal, et l'accusé
Peu docile, serait à tuer malaisé.
Là du moins il est pris; de tout l'on tient registre.
Il descend marche à marche un escalier sinistre;
Les juges font sur lui de lugubres essais;
Pâle, il se sent poussé par derrière; un procès
Est une pente douce où l'on glisse à la tombe.

Cette fille expirait dans cette catacombe.
- C'est sa faute, disait le juge, elle se tait!
Criminelle, avouez! - Mais elle résistait,
Et refusait d'entrer dans la sombre descente,
La drôlesse, attendu qu'elle était innocente.
Et c'était là sans doute un inconvénient.
Revenir en haut Aller en bas
 
Victor HUGO (1802-1885) chercha. Ce fut toi qu'il trouva, misérable!
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
PLUME DE POÉSIES :: POÈTES & POÉSIES INTERNATIONALES :: POÈMES FRANCAIS-
Sauter vers: