PLUME DE POÉSIES

Forum de poésies et de partage. Poèmes et citations par noms,Thèmes et pays. Écrivez vos Poésies et nouvelles ici. Les amoureux de la poésie sont les bienvenus.
 
AccueilPORTAILS'enregistrerConnexionPublications
Partagez
 

 Victor HUGO (1802-1885) EN 1869 Vous me dites:

Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité



Victor HUGO (1802-1885) EN 1869  Vous me dites: Empty
MessageSujet: Victor HUGO (1802-1885) EN 1869 Vous me dites:   Victor HUGO (1802-1885) EN 1869  Vous me dites: Icon_minitimeSam 31 Déc - 15:35

EN 1869
Vous me dites:

- Pourquoi cet éternel courroux?
Le ciel n'est pas autant en colère que vous.
Est-ce que ce forfait qui vous indigne, empêche
Le soleil de mûrir le raisin et la pêche
Et de verser la vie et la lumière àux bois
Pleins d'éblouissements, de parfums et de voix?
Est-ce que, renonçant à .la molle verdure,
Depuis vingt ans bientôt que cet empire dure,
776
Les arbres ont cessé de croître un seul instant?
Est-ce qu'en son labeur le chêne haletant,
Las d'ajouter sans fin des branches à des branches,
S'est arrêté, disant: Ramiers, colombes blanches,
Bouvreuils, allez-vous-en, je ne veux plus de vous,
J'ai fini! Quel est donc, sous le ciel calme et doux,
Le lilas qui s'abstient, le hêtre qui retire
Son murmure à Virgile et son ombre à Tityre?
Quel frêne a pris parti pour vous? quel peuplier
S'est dispensé de vivre et de multiplier?
Contre Aman.Bonaparte et pour vous Mardochée,
Quelle branche de saule ou d'ormeau s'est fâchée?
Quel marronnier, sachant que l'on ne doit pas voir
Les nids tremblants, renonce à faire son devoir,
Et refuse aux oiseaux d'épaissir son feuillage?
Tous les ans, aussi beau qu'Achille et que Pélage,
Une flamme à la main, Mai, ce libérateur,
Apparaît, cuirassé d'azur, sur la hauteur,
Rit, chasse ce tyran, l'hiver aux yeux moroses,
Redore l'aube, et met hors de prison les roses,
Et tire le verrou glacé qui retenait
Captifs l'acacia, la ronce et le genêt,
Et le fourmillement des feuilles recommence.
Qu'est-ce que Morny fait à la Dryade immense?
Est-ce qu'un seul .bouton d'églantier s'est flétri
Parce que Rouher passe appuyé sur Piétri?
L'épanouissement universel prospère;
Le tilleul qui n'est pas troublé d'une vipère,
Ignore Mérimée, et couvre les sentiers
D'un mystère où l'amour s'ajoute volontiers;
Depuis vingt ans, toujours de plus en plus charmante,
La forêt pousse, et verte, et vieille, et jeune, augmente
Son frais tumulte, au bruit d'une cité pareil. -

Je suis juste, et c'est vrai; je constate, ô soleil,
Sous ce ciel où, superbe et tranquille, tu montes,
Le lent grandissement des arbres, et des hontes.
8 août.
Revenir en haut Aller en bas
 
Victor HUGO (1802-1885) EN 1869 Vous me dites:
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Victor HUGO (1802-1885) La comète.
» Victor HUGO (1802-1885) La coutume de Lusace
» Victor HUGO (1802-1885) À ANDRÉ CHÉNIER
» Victor HUGO (1802-1885) MANUSCRIT F° 29 68/181. 1854. Océan, p. 291.
» Victor HUGO (1802-1885) Pire que Judas

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
PLUME DE POÉSIES :: POÈTES & POÉSIES INTERNATIONALES :: POÈMES FRANCAIS-
Sauter vers: