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 Victor HUGO (1802-1885) Et voilà dix-sept ans bientôt qu'ils sont à table!

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Victor HUGO (1802-1885) Et voilà dix-sept ans bientôt qu'ils sont à table! Empty
MessageSujet: Victor HUGO (1802-1885) Et voilà dix-sept ans bientôt qu'ils sont à table!   Victor HUGO (1802-1885) Et voilà dix-sept ans bientôt qu'ils sont à table! Icon_minitimeSam 31 Déc - 15:46

Et voilà dix-sept ans bientôt qu'ils sont à table!
Le Vol est chancelier, le Meurtre est connétable;
Ici le Bienheureux, et là le Tout-puissant;
Le prêtre et le soldat. Paie, ô France. Or et sang.
Le budget se débraille et danse une pyrrhique.
L'obéissance atteint la bassesse lyrique.
Le front haut, vers l'opprobre on marche avec élan;
C'est à qui tâchera d'être un peu chambellan,
Et d'avoir sur son dos de la honte brodée;
La France, qui jadis, fier peuple de l'Idée,
Faucha les rois ainsi qu'un moissonneur les blés,
Aboutit à des tas de valets-étoilés.
Quel festin! Tous y font liesse. Rien n'y manque.
On a l'église, on a l'armée, on a la banque.
Auguste fait asseoir Davus 76 à son côté.
Mangeons! L'empire est pris d'un accès de gaîté.
Buvons! L'homme rayonne et la femme étincelle.
Chacun s'essaie au genre où son voisin excelle;
Dupin est scélérat. César a de l'esprit.
Dix-huit-Brumaire est mort, mais Deux-Décembre rit.
Piétri raille Maupas, Scapin berne Jocrisse,
Tout est gloire; et s'il faut parer l'impératrice
Pour les bals où bondit l'empereur encor vert,
L'écrin de la couronne est là tout grand ouvert,
On y puise; et parmi le saphir, l'émeraude,
Le rubis, la, topaze et la perle, on maraude.
L'ivresse-émeut les vieux et reflue aux enfants;
Tous les. Napoléons petits sont triomphants;
Louis traite Conneau , Nisus fête Euryale.
La cour est au balcon.; la garde impériale
Défile altière, et fait, devant ces frais minois,
Sonner la grosse caisse et le chapeau chinois.
Ces belles! allez donc leur parler des famines!
Ah! comme elles riraient, ces augustes gamines!
On est le joyeux crime et le joyeux péché;
.On a des aumôniers par-dessus le marché,
Payés pour ajuster à cela l'évangile.
Le soir, au fond du parc, ces dames, ô Virgile,
Sous les buissons, où glisse un bruit de taffetas,
Dans l'ombre, avec César qui devient Amyntas,
Font des églogues, presque aussi décolletées
Que tes Amaryllis et que tes Galatées.
H. H., 9 décembre.
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