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 Jean Auvray(1590-1633) PHIL. DE MACEDOINE A SON FILS

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MessageSujet: Jean Auvray(1590-1633) PHIL. DE MACEDOINE A SON FILS   Jean Auvray(1590-1633) PHIL. DE MACEDOINE A SON FILS Icon_minitimeMer 11 Jan 2012 - 0:51

PHIL. DE MACEDOINE A SON FILS

Philippe de Macedoine à son fils Alexandre.
Elegie.

Le venerable dieu qui lance le tonnerre,
Le grand Mars qui preside aux horreurs de la guerre,
Phoebus aux cheveux d' or, Mercure aux pieds legers,
La dive qui la nuict esclaire aux voyagers,
Le gentil Cupidon à la perruque rousse,
Porte reths, porte-traits, porte-feux, porte-trousse,
Hymen le dieu nopcier, le gaillard bromien,
L' amoureuse Cipris, le dieu raguzien,
La blediere Cerez aux tresses jaunissantes,
Le puissant gouverneur des vagues mugissantes,
Hercul' le parangon des braves demy-dieux
Dont les noms sont gravez dans le lambris des cieux,
L' opulente Junon, la sçavante Minerve,
Et siile monde encor de plus grands dieux reserve,
Tous ensemble (mon fils) ma priere exauçants
Vueillent te seconder de leurs bras tout-puissants,
Cizeler ton renom sur un durable cuivre,
Eux-mesmes t' enseigner les regles de bien vivre,
Appuyer ta fortune et t' enrichir aussi
De leurs dons immortels: affin mon cher soucy
Que comblé de vertus ta gaillarde jeunesse
Soit un jour le support de ma foible vieillesse,
Que tu sois le baston de mes caduques ans,
Et qu' imittant de prez mes actes triomphans
Tu hausses jusqu' au ciel l' orgueil de ma couronne
Pour faire en ton printemps revivre mon automne.
Non que ce soit assez pour estre vertueux
Des dons de la nature et des graces des dieux,
Il faut de nostre part quelque chose entreprendre,
Les dieux vendent les biens (comme à chanté Menandre)
Aux mortels souffreteux au prix de la sueur,
Ainsi ce n' est assez que la chaude lueur
Du meurissant soleil sur nos vendanges donne,
Il les faut pressoirer et mettre dans la tonne,
Que profite aux mortels si veste en ses boyaux,
Recelle avarement les precieux metaux
Et que le diamant dans ses flancs estincelle
Sy l' on n' ouvre jamais les roignons de cibelle
Pour ces riches tresors arracher genereux
Des pattes des griffons et des dragons affreux?


Agreable est l' odeur des roses purpurines
Mais, il les faut cueillir en dépit des espines,
Entre les pierres croit le vin delicieux,
Le temple de l' honneur superbe et glorieux
Paroist haut eslevé sur un mont dont la pente
Aux courages rancis donne de l' espouvente,
À ces aiglons bastards qui n' ozent tenir l' oeil
Immobile aux rayons d' un si brillant soleil.
Cét effroyable mont inaccessible aux vices
Est tout environné de mortels precipices,
Le pied tousjours battu de flots et de sablons,
Et le chef secoüé de grondans aquilons,
Aspre, roide, espineux, ou croit la mandragore,
L' aconit, la cigue et le noir helebore,
Ou maint affreux buisson recelle dans son flanc
La siflante couleuvre et l' aspic fige-sang
Que le sorcier effondre en grommelant ses charmes:
Deux penibles sentiers, les lettres et les armes?
Conduisent a ce temple ou ne montent legers
Que ceux qui vont passant sur le ventre aux dangers,
S' engraissent aux travaux, soleils infatigables,
Oyseaux de paradis, athlettes indomptables
Qui ne se baignent point qu' en leurs tiedes sueurs,
Et dont les passe-temps sont dedans les labeurs.
Car ces beaux, ces doüillets, ces freslons inutiles
Qui vivent du labeur des abeilles fertiles,
Bref ces ames de phlegme et ces courages bas


Les premiers au butin, les derniers aux combats
Ne grimperont jamais sur ce mont honorable,
Et jamais ne verront sur la paroy durable
De ce temple estoffé de marbre precieux
Engraver leur image au mesme rang des dieux,
Telles gens sont de terre et leur ame grossiere
Mourant avec le corps est reduite en poussiere.
Alcide grimpa bien sur les monts des vertus,
Mais, apres avoir tant de monstres combatus,
Qu' il eut demachoiré le lion de Nemée,
Qu' il eut tranché le col à l' hidre envenimee,
Qu' il eut accravanté Gerion triple-corps,
Affronté le portier du royaume des morts,
Phynee delivré des oyseaux stymphalides,
Cueilly les pommes d' or des jardins hesperides,
Du grand fleuve achelois dompté les changemens,
Fait manger Diomede à ses propres juments,
Terrassé soubs ses pieds l' amasone vaillante,
Combatu corps à corps le sanglier d' Erimanthe,
Repurgé les horreurs de l' égout augien
Bref, tant d' autres labeurs ce grand olympien
Executa vaillant, ains que de voir sa gloire
Gravée en lettre d' or au temple de memoire.
Mais, d' autant qu' en naissant nostre ignorant esprit
N' est qu' une carte blanche ou n' y a rien d' escrit,
Un jeune et souple ozier qui comme on veut se plie,


Une table d' attente, une planche polie,
Une mazure en friche ou l' architecte peut
Construire à peu de frais tel bastiment qu' il veut.
Qu' il laisseroit aussi ceste aage vagabonde,
Flotter à l' abandon sur l' ocean du monde
Bientost feroit nauffrage, et dés le premier banc
Ce mal conduit vaisseau ce brizeroit le flanc,
Ce ne seroit jamais qu' un esprit raze-terre,
Un lion en la paix, un liévre en la guerre,
Un malheureux aveugle, un galetas poudreux,
Un sterille dezert, un tronc infructueux.
Car jaçoit qu' en nostre ame existent les semences
Ou principes formels de toutes les sciences,
Voire bien qu' il fut vray que tout l' humain sçavoir,
D' un sçavoir oublié fut le ramentevoir,
Et que nostre ame fut toute docte et sçavante
Avant que d' informer ceste masse pesante:
L' homme est porté au mal par des secrettes loix
Si la sage raison ne sert de contre-poids,
Raison, qui de bonne heure à la vertu dressée,
Peut quitter rarement sa route commencée
Les premiers documents occupent tout le coeur,
Le vaisseau tient tousjours sa premiere liqueur,
L' arc ne perd aisément sa premiere courbeure,
Le camelot son ply, l' enfant sa nourriture.
Ne fait-il pas bon voir dedans un jeune corps
Loger un vieil esprit, dont les prudents accords


Mattent virilement du frein de la sagesse
Le fougueux naturel d' une brusque jeunesse?
Sagesse anticipée offrant avant saison
Les delectables fruicts d' une docte raison.
Mais quoy? La vigne soit en terre franche et grasse
Son tronc soit succulent, son plant de bonne race,
Si l' expert vigneron ne la fume par fois,
Provigne, emonde, houë et retaille son bois
Jamais n' apportera que l' ambruches au maistre,
Et le champ fromentier, que luy serviroit d' estre
De natures fecond, si les coutres trenchans,
N' escorchoient ses guerets plusieurs fois tous les ans,
Et si le laboureur n' espandoit aux semailles,
Une bonne semence en ses grasses entrailles?
Ainsi, l' enfant extraict de parens vertueux
N' est pas moins entraisné du cours impetueux
De ses proclivitez, si la verge des sages
Ne tient la bride ferme à ses humeurs volages,
Defriche ceste lande et sarcle entierement
Les espineux chardons de ce neuf jugement,
De peur qu' en ces halliers la doctrine espanduë
Ne soit à l' advenir infeconde renduë.
Et comme tous les jours le rustic mesnager
Visitant le complant de son jeune verger
Regarde tous les rangs de ses entes venuës,
De bonne heure en abbat les branches superfluës,


Leurs tiges il esmonde, arrache curieux
Tous les rameaux qu' il void pousser luxurieux
Du pied de l' arbrisseau et qui font mourir l' ente
En destournant pour eux la seve succulente,
Puis pour les preserver des bestes d' alentour
D' un espineux buisson les arme tout au tour,
Toutes il les espluche et de ses mains habiles
Oste les pelotons des rongeardes chenilles
Qu' il escraze des pieds, et pour mieux empescher
Ces vers velus d' aler sur sa greffe nicher,
Il en cerne le tronc d' une glueuse graisse,
Puis afin que tousjours son jeune arbre se dresse
Et que tout ses rameaux soient vers le ciel portez,
Il fiche des appuis aux contraires costez
D' où il panche le plus, et l' y attache à force
D' un fort lien de paille, et de peur que l' escorce
Ne s' escorche en touchant le pivot raboteux
D' un coissinet de mousse il garnit l' entre-deux.
Exemple familier à qui veut entreprendre
De perfectionner une jeunesse tendre,
Car l' enfant n' est encor qu' un jeune sauvageau,
Qu' une ente delicate, un floüet arbrisseau
Aussi prest de sa mort qu' il est de sa naissance,
La vanité, le vice, et l' aveugle ignorance,
C' est le vent, c' est le ver, c' est le venim caché,
Qui l' abat, qui le ronge, et qui le rend seché,
Mais, la verge, la voix, et la vertu du maistre


Le redresse l' emonde et donne estre à son estre.
C' est pourquoy je te veux donner un precepteur
Pour conduire a son poinct ta future grandeur,
C' est le grand Aristote en qui les doctes muses
Ont toutes à l' envy leurs sciences infuses,
Qui s' assied quand il veut dans le throsne des dieux,
Arpente l' univers, escalade les cieux,
Void les feux, vole aux airs, vogue aux eaux maritimes
Foüille au sein de la terre et sonde les abismes,
Truchement de nature à qui sont les mortels
Obligez de bastir un temple et des autels,
Parangon des sçavans, abregé de science,
Magasin de vertu, thresor de sapience,
L' ornement de nostre aage et dont les beaux escrits
Exigeront tribut des plus rares esprits.
Ce vieillard tiedira l' ardeur de ton courage,
Il versera le glas sur le feu de ton aage,
Tu apprendras de luy à composer tes meurs,
Dompter tes appetits et regler tes humeurs,
À serener ton front, refrener ta colere,
Porter patiemment la fortune adversaire,
Estre tousjours tranquile et sans escranlement,
Monstrer mesme visage à tout evenement,
Embrasser la vertu, abominer le vice,
Faire espaule à nos loix, maintenir la justice,
Chastier les meschans, les justes guerdonner,


Tardif à la vengeance et prompt à pardonner,
Abhorrer les flateurs, cigales importunes,
La ruyne des grands et des grandes fortunes,
Fuir les voluptez qui ont souventesfois
Enervé le courage aux plus superbes rois,
Noircy leur renommée, abastardy leur gloire,
Estouffé leurs vertus et flétry leur memoire.
Les rois voluptueux, qui preferent (coüards)
Les rages de l' amour aux orages de Mars,
Les myrthes aux lauriers, les dances aux alarmes,
Les festins aux combats, les bouffons aux gendarmes,
Les violes au piffre, et les luths aux tambours
Sont en mauvais odeur à leurs peuples tousjours,
Mourant sur le duvet ces monstres de nature
Sont tousjours en horreur à la race future,
Leur vie effacée, et l' histoire s' en taist
Si non pour detester les crimes qu' ils ont faict,
Tel les aymoit vivans qui alors s' en esloigne
Et n' en veut que de loing regarder la charongne,
Ce sont des esperviers que l' on tient sur le poin
Et qui morts sont jettez sur quelque tas de foin,
Piteuse catastrophe! Et la fin déplorable
Qu' aprez soy va trainant la vie abominable
Des princes casaniers, laschement emportez
Au courant débordé des molles voluptez.
Mais, j' oze nommer vie à la barbe des Parques
La glorieuse mort des genereux monarques,
Le juste ne meurt point, il sommeille engourdy.


Ce soleil est plus clair au couchant qu' au midy,
Les magnanimes rois en leurs peuples revivent
Revivent aux cayers des doctes, qui escrivent
L' abregé de leur vie, ou mille beaux lauriers
Cernent les front vainqueurs de ces braves guerriers,
Ou de mille beaux traicts sont tracez leurs images
Et les hardis exploits de leurs masles courages.
Le poëte excellent sur l' aisle de ses vers
Les porte aux quatre coings de ce grand univers,
Le peintre et le graveur à l' envy les font vivres,
Les émaux, les couleurs, l' or, le marbre et le cuivre,
En gardent les portraicts malgré la faux du temps,
Les griffes de l' envie et la lime des ans:
Voila comme des dieux la brigade immortelle
Les rois immortalise et prend en sa tutelle.
Mon Alexandre donc, mon sang, ma chair, mes os,
Mes delices, mon soin, mon soulas, mon repos,
Mon esperé support, ma douce geniture,
Le port, la rade, l' anchre et le cable ou j' asseure
La nef de mon royaume et le salut des miens:
Puis que tu dois bien tost heriter de mes biens,
Gouverner tout mon peuple et que ce riche sceptre
Tout chargé de lauriers doit tomber en ta dextre,
Que tu dois commander a tant de puissans roys,
Tant de peuples courber sous le joug de tes loix,
Que le soleil et toy partagerez le monde,


Luy regira le ciel, toy la terre feconde,
Voudrois-tu rencontrer ton pareil en vertu?
Faut-il pas que le vice à tes pieds abbatu
Soit lors ton ieroglife et que dans les alarmes
Ta sagesse reluise à l' esgal de tes armes?
Le bon prince est la glace ou chacun son deffaut
Essaye d' amender, un soleil monté haut
Qui esclaire par tout et que chacun contemple,
C' est l' unique modelle ou tous prennent exemple,
Le patron ou chacun desire se mouler,
Une source qui doit en tous lieux ruisseler
C' est le compas, la regle, et l' equerre plus seure
Ou chacun à l' envy redresse sa courbeure,
Un miracle excellent digne d' estre admiré,
Un dieu, un petit dieu des hommes adoré:
Mais, il est ignorant, voluptueux et lasche,
Ce n' est plus qu' un idole, un prodigue, un gavache,
Une regle tortuë, un patron de peché,
Un modelle de vice, un miroir tout taché,
Un compas tout rompu, une esquerre gauchere
Une source sans eau, un soleil sans lumiere.
Malheureuse la nef qu' un pilote estourdy
Conduit à boule-veuë et malheureux je dy
Celuy qui peu soigneux du salut de sa vie
Permet qu' un charlatan traicte sa maladie,
Malheureux le soldat qui se void gouverné


Par un chef imperit fantasque et mutiné,
L' aveugle malheureux qu' un autre aveugle guide,
Malheureux le senat ou l' ignorant preside,
Mais, j' estime pour moy plus malheureux cent fois
Les royaumes regis par des volages roys,
Ignorans, turbulens, stupides, sans science,
Sans conseil, sans raison, et sans experience.
Tel empire ressemble un cahos embroüillé,
Un orloge de qui le ressort est roüillé,
C' est un monstre sans teste, un amas tout difforme,
Un pays de conquest, une matiere informe,
Le coche de Phoebus conduit par Phaëton,
Le champ semé des dents du grand serpent Python,
Un concert sans mesure, une barque sans rame,
Un troupeau sans berger: bref, c' est un corps sans ame.
Ce n' est assez qu' un roy soit bien advantageux
Que ses yeux soient de feu, que d' un foudre orageux
Son invincible dextre au sang accoustumee
Fende et froisse les rangs d' une adversaire armee,
Non, ce n' est pas assez qu' au milieu des combats,
Il face tout trembler des efforts de son bras,
Qu' il jonche de corps morts les sanglantes campagnes,
Qu' il se face un chemin au travers les montaignes,
Qu' il aille des lauriers et des palmes cercher
Chez les roys ses voisins, leurs sceptres arracher,
Que tout soüillé de sang, de poussiere, et de crasse
Il abbate, renverse, acravante, terrasse


Tout ce qui luy fait teste et tente audacieux
Le foudre de ses bras et l' esclair de ses yeux,
Non autrement qu' on void, quand bergers et bergeres
Folastrent sans soucy souz les fraisches fougeres,
Un grand loup affamé deschirer les troupeaux
Et boeufs brebis et boucs démembrer à morceaux.
Bref que ce rodomont ne trouve qui l' abborde
Qu' il face aux plus mauvais crier misericorde,
Tout cela ne suffit: ses lauriers les plus verts
Ne sçauroient subsister au choc de deux yvers,
Il void bien tost flétrir le lustre de sa gloire
S' il ne sçait comme il faut user de la victoire,
Mesnager son bon-heur, dompter ses passions,
Tenir la bride haute à ses ambitions,
Reprimer son orgueil, n' esclatter ses trophées,
Contenir ses desirs, resserrer les bouffées
De son fougueux courage et remaschant son frein
Revoquer sa raison, la remettre en son train,
Se vendiquer le moins de la victoire acquise,
De partir la despoüille à qui la mieux conquise,
Pardonner aux vaincus et le glaive remis
Monter des champs de Mars au throsne de Themis,
Ordonner meurement des affaires publiques,
Reformer son estat, payer ses domestiques,
Soulager ses subjects, grand juge, grand guerrier,
Enter sur mesme tront l' olive et le laurier,
Faire chommer la paix aux plus fort des alarmes,
Dextrement marier les lettres et les armes,


Planter la pieté dans le coeur des soldats,
Et reporter aux dieux l' honneur de ses combats,
Voila comme malgré les courses des années
Un roy ne void jamais ses victoires fanées,
Comme il doit conserver sa royalle grandeur
Et comme la prudence illustre la valeur.
Mais, ces écervelez, ces fendans, ces bravaches,
Qui n' ont de leurs fureurs jamais les cordes lasches,
Tout pareils à ces eaux de l' ocean chenu
Qui l' orage accoisé et le calme venu
Long-temps encor apres l' horrible vagabondes
Et haussent jusqu' au ciel leurs effroyables ondes,
Ou comme ces beffrois apres les coups cessez
Deschirent l' air encor et beuglent courroucez,
Bref, ces hommes de chaux, ces ames de salpestre,
En font tant qu' a la fin ils rencontrent leur maistre,
Ces vaisseaux tant recuits au feu d' ambition,
Et qui ne sont luttez que de presomption
S' escartellent souvent à la honte du monde.
Il n' y a de l' estat racine si profonde
Que ce grand vent n' arrache, et le foudre tousjours
Se plaist à ruiner les orgueilleuses tours.
Plus aimable est cent fois le prince debonnaire
Qui merite des siens l' epithete de pere
Qui bastit justicier ses genereux exploits


Sur l' immobile roc des équitables loix,
Aussi doux que vaillant, dont la majesté saincte
Se fait mieux obeyr par amour que par crainte,
Qui distingue (prudent) le flateur de l' amy,
Qui conserve la foy promise à l' ennemy,
Qui sçait dompter les coeurs par l' amorce des charmes
Comme il dompte les corps par la force des armes,
Un prince clair-voyant de qui les yeux de linx
Penetrent d' un regard ces courages de sphinx,
Ces traistres tourne-peaux dont les ames fardées
Se fondent aussi tost qu' elles sont regardées
D' un oeil majestatif, bref pour estre un bon roy
Il faut craindre les dieux, laisser prendre à la loy
Le vent à plaine voile, et faire un hymenée
De Mars le furibond avec la belle Astrée.
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