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 Charles Beltjens. (1832-1890) À Beethoven (1886) Midi (1880) II

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Charles Beltjens. (1832-1890) À Beethoven (1886) Midi (1880) II Empty
MessageSujet: Charles Beltjens. (1832-1890) À Beethoven (1886) Midi (1880) II   Charles Beltjens. (1832-1890) À Beethoven (1886) Midi (1880) II Icon_minitimeMar 31 Jan - 22:57

II

Maintenant, à cette heure, en d’autres lieux, la Vie,
Loin, bien loin du silence imposant des déserts,
Comme par une meute une hydre poursuivie,
De cent mille clameurs épouvante les airs.

Tandis que l’Océan, aux voix tumultueuses,
Dans les gouffres obscurs parle aux profonds écueils;
Que sur les monts, croisant leurs branches tortueuses,
Les bois, chêne ou sapin, l’ont pousser les cercueils,

De l’est à l’occident, de l’un à l’autre pôle,
Partout où sous le chaste azur illimité
De cette radieuse et sublime coupole,
Pleine de pas confus, bourdonne une cité,

Le Travail gigantesque, ardent et fier cyclope,
Tord l’énorme machine aux rapides leviers,
Forge immense, qu’un bruit formidable enveloppe
D’un concert monstrueux d’innombrables claviers.

Londres, Paris, New-York, fourmilières humaines,
Leurs milliers de vaisseaux sur les flots écumants,
Leur millions de chars qui traversent les plaines,
Mêlent tous à la fois leurs vastes grondements.

Un âpre essor émeut les hommes et les choses;
Vers un but inconnu tout va selon son goût,
Les aigles au soleil, les papillons aux roses,
Les Dons Juans au plaisir, les ruisseaux à l’égout.

La pâle courtisane à son miroir se farde;
L’ivrogne ouvre ses yeux stupides, pleins d’ennuis;
Le voleur inquiet, à la mine cafarde,
Aiguisant son poignard, fait son plan pour la nuit.

Et c’est voire heure aussi de voluptés intimes,
Usuriers! Harpagon , voici l’heure ou tu cours.
Blême, et serrant des doigts les pleurs de tes victimes,
A la Bourse effarée interroger le cours.

Sur l’autel du Veau d’or, bravant les flétrissures,
C’est là qu’un vil ramas d’Aruspices épais,
De la patrie en deuil escomptant les blessures,
Trafiquent de la guerre ou marchandent la paix.

Et les foules, bourgeois, artisans, prolétaires,
Gens affairés, flâneurs, maîtres, cochers, laquais, -
Flux et reflux, pareils au sang dans les artères, -
Pêle-mêle, couvrant les ponts, longeant les quais,

A travers le dédale entortillé des rues,
Ceux-ci riants, ceux-là mornes et soucieux,
Vont et viennent, -rumeurs incessamment accrues,
Innombrables et noirs sous la clarté des cieux!

Les modernes Molochs, debout dans les usines,
Où la faim nuit et jour dans ses bras les étreint,
Au milieu des vapeurs de leurs sombres cuisines,
Font grincer lourdement leurs mâchoires d’airain.

Et les voix s’élevant des bazars, des tavernes,
Des marchés, des trottoirs, des gares, des perrons,
Près des temples déserts les clameurs des casernes,
Et des bagnes hideux les cris et les jurons;

Et pesants chariots et carrosses de fête,
Attelages piaffant au milieu des bravos,
Et régiments, drapeaux au vent, musique en tète,
Fourmillantes rumeurs d’hommes et de chevaux,

Parfois dans une brusque et rapide rafale,
Tous ces bruits vont ensemble en un seul s’entasser,
Puis s’écroulent pareils à la voix triomphale
Qui précède te char d’un roi qui va passer.

Et la brise des mers emportant dans l’espace,
Le concert des fourneaux et l’hymne des clairons,
Demande à la fumée effroyable qui passe :
Qu’est-ce qu’ils font là-bas, tous ces noirs forgerons?
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Charles Beltjens. (1832-1890) À Beethoven (1886) Midi (1880) II
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