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 Honoré Harmand (1883-1952) L'heure du souvenir

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MessageSujet: Honoré Harmand (1883-1952) L'heure du souvenir   Jeu 4 Avr - 9:45

L'heure du souvenir
8 octobre 1905

Dans l'aspect douloureux d'un sombre cimetière
Se dresse un monument dont la simplicité
Explique de la vie la puissance éphémère
Où le passant, rêveur, s'est souvent arrêté

Sur une croix de fer s'affiche une préface
Qui dit l'âge et le nom du mortel endormi
Dans ce séjour suprême où chacun a sa place
Où règne le silence et mort et l'oubli

En lisant, l'inconnu sent passer dans son âme
Un frisson de pitié et de grand désespoir
Vingt ans ? L'âge d'aimer, l'âge d'or de la femme
L'âge où le coeur n'est pas enveloppé de noir

L'âge du vrai bonheur, de la folle jeunesse
L'âge où loin des soucis qu'enfantent certains jours
L'homme sait ignorer la brutale caresse
De la folle gaieté aux trompeuses amours

Mais pourquoi m'arrêter aux larmes du passant
N'ai-je donc pas assez pour chanter mes douleurs
Que l'image sacrée d'un passé souriant
Dont la route, pour nous, était jonchée de fleurs

Oui, le passé suffit à mes grands souvenirs
Et le temps qui s'envole emportant nos secrets
N'effacera jamais la trace des soupirs
Qu'exhalent mes chagrins à l'heure des regrets

Près de l'affreuse tombe quand arrive le soir
J'aime me retrouver seul avec ma tristesse
J'aime entendre chanter les voix du désespoir
Et sentir sur mes lèvres sa suprême caresse

C'est là où tu vécus tes plus belles années
Chère Cousine, hélas ! Ce fut là ton berceau
Maintenant des chimères, folles échevelées
Où tu connus la joie veillent sur un tombeau

La nature elle-même semble porter le deuil
Autrefois les grands arbres qui garnissent la route
Semblaient au voyageur faire un meilleur accueil
Quand il venait rêver sous leur fragile voûte

Tout avait une voix dans la nature entière
Le lac semblait chanter tes gaietés fugitives
Aujourd'hui il murmure, mais c'est une prière
Qui semble tout le jour s'échapper de ses rives

C'est une plainte aiguë expliquant mes alarmes
C'est le cri de douleur que disent les ténèbres
C'est le profond silence qui fait verser les larmes
Au poète qui chante ses romances funèbres

Ah, si des cheveux blancs sur ta tête semés
Avaient dit à la vie ses suprêmes adieux
Mais hélas tes vingt ans, par la mort arrachés
Trop tôt ont fait verser d'autres pleurs à nos yeux

Qu'as-tu fait au Destin pour qu'il soit si cruel
Rien que je ne connaisse ? Toi l'ange du foyer
Qui l'adorait toujours au pied de son autel
Toi qui n'eus pas osé, jamais le blasphémer

Peut-être pour le sage l'autre monde meilleur
Comble-t-il la mesure des peines et des maux
Par une heureuse vie de joie et de bonheur
Le monde est-il le même au-delà des tombeaux

Répondez ! Grands arbres dont elle aimait l'ombrage
Réponds chemin perdu qu'elle aimait parcourir
Réponds belle nature quand on meurt à son âge
Est-il un lieu plus doux où tout doit refleurir

Eh quoi vous vous taisez, je comprends vos alarmes
Choses qui rappelez son beau rêve effacé
Vous lui deviez coteaux une part de ces charmes
Qui confondent les êtres dans les longs jours d'été

Vous lui devez ces chants dont je me souviendrai
Vous lui devez l'amour qui grisait notre coeur
Quand pour vous parler d'elle, le soir je reviendrai
Vos soupirs répondront à ma sombre douleur

Vous n'aurez plus les sons qui plaisaient à ma lyre
Quand l'écho répétait la douceur de sa voix
Maintenant les roseaux dont la tige soupire
D'un accent plein de larmes me parlent d'autrefois

Vous n'aurez plus pour moi que le regard d'une ombre
Où je reconnaîtrai Celle que j'ai pleurée
Mais j'aimerai quand même votre demeure sombre
Où j'entends son secret par l'écho répété

Et si mes pas tremblants par le poids des années
Se refusaient à suivre ce chemin que j'adore
Vous me diriez plus fort ses chansons bien aimées
Pour que dans ma vieillesse je les entende encore

Vous me diriez la joie dont Elle ornait sa vie
Vous me diriez ses pleurs et ses profonds soupirs
Mon coeur l'aime toujours et l'extase ravie
Dans la voix des regrets chante ses souvenirs.

Honoré HARMAND
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