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 Honoré Harmand (1883-1952) Sans titre (manque le début) 20 septembre 1906 ?

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MessageSujet: Honoré Harmand (1883-1952) Sans titre (manque le début) 20 septembre 1906 ?   Jeu 4 Avr - 9:51

Sans titre
(manque le début)
20 septembre 1906 ?

Pourquoi pleurer, pourquoi ? Le caprice des heures
Ne sourirait-il pas aux soupirs de mes leurres
Et de mes tristes souvenirs

Pourquoi troubler ainsi ma fragile jeunesse
Pourquoi à mes vingt ans attacher la vieillesse
Et le poids de ses lourds ennuis
N'est-il pas assez tôt quand la mort nous réclame
De voir s'enfuir au Ciel les clartés de notre âme
Dont les feux sont tout obscurcis

Je ne veux pas sentir aux ronces de la route
Se déchirer mon coeur encor saignant du doute
Lui qui l'a tant persécuté
Je veux croire à l'amour à sa douce prière
Je suis à l'age heureux où toujours la chimère
Prodigue pour nous la gaieté

Je ne veux pas troubler les heures de ma vie
La tristesse n'est pas pour l'épouse chérie
La récompense des efforts
Ce qu'il faut à l'amour pour qu'une épouse l'aime
C'est la douce gaieté la caresse suprême
Qui chassent bien nos remords

Je veux sourire ainsi aux lois de l'Existence
Et chasser de mon coeur la plaintive souffrance
Qui sût tant de fois murmurer
Je veux que le bonheur de sa voix triomphale
Chante l'hymne sacré qu'entonne la vestale
Le soir dans la paix du foyer

Je veux voir devant moi mille routes fleuries
S'ouvrir à mes désirs et dans mes rêveries
Je veux retrouver le plaisir
Je veux vivre l'amour que chaque jour nous donne
Et chasser de mes yeux l'image de l'Automne
Qui voit chaque fleur se flétrir

Je veux que du Printemps le souriant cortège
Refoule de l'hiver l'avalanche de neige
Qui tombe parfois sur nos coeurs
L'Homme a besoin d'amour de joie et d'espérance
De la Vie au Trépas il est une distance
Où se rencontrent nos douleurs

Mais quand le voyageur avance sur la route
Et qu'il sent, disparus, les horizons du doute
Pour la lutte il se sent plus fort
Dans l'azur de ses yeux, sèchent vite les larmes
Et quand de l'Existence il sait vivre les charmes
Il méprise tout haut la Mort.

Après avoir écouté avec une attention trop facile les regrets des jours
disparus, j'ai senti combien il est fou de vouloir revivre ainsi les choses
mortes, vouloir exiger de mon coeur l'oeuvre sépulcrale des chacals la nuit sur
les tombes. Quelle folie, quelle irréflexion. Le Passé de l'homme est comme une
bataille la gloire étouffe les cris des mourants et ce que le vainqueur écoute,
ce n'est pas la plainte aiguë répétée par les lèvres expirantes mais le bruit
excitant du tambour annonçant le triomphe , ce qu'il voit ce n'est pas le tertre
rougi du sang des braves, ce n'est pas le fleuve qui bouillonne en recelant les
épaves matérielles et humaines du combat, c'est la couleur du ciel embrasé par
les lueurs des feux de joie allumés avec les restes du carnage . Le Passé de
l'Homme est ainsi fait et son souvenir est aussi cruel que le vainqueur
triomphant. Nous nous rappelons les soirs d'amour notre coeur semble avoir gardé
le frisson des heures heureuses, il chante la ressouvenance de ces folies qui
passent et ne laissent que de l'amertume dans la cendre des désirs consumés.
L'Homme ne se rappelle plus les soirs tristes où ses yeux ont pleuré où son
coeur a laissé des espérances au lieu même où il les fit naître, il oublie tout
le prix des efforts passés et son indulgence ne saurait se mesurer à son orgueil
d'avoir triomphé des luttes honteuses de ses passions, combats de lâches,
l'ennemi étant souvent aussi faible qu'insouciant de son lendemain.
Aussi, comme je suis heureux de ne pas m'avouer ce vainqueur, de ne pas suivre
le flot languissant des insensés qui vont où les guident leurs passions ; comme
je suis heureux de ne plus me griser des ivresses folles du passé au bonheur
fugitif ; ce qui n'est plus ne nous appartient pas ; ce qui doit venir est la
fortune du destin ; nous avons à nous que le jour d'aujourd'hui et combien de
gens ont encore trop d'heures à dépenser pour les prodiguer sans en tirer un
profit si petit soit-il qui soit le prix de leurs efforts. Nous avons un esquif
à guider sur la nappe limpide du lac ; nous n'avons qu'à le laisser aller au
souffle d'une brise légère et notre inexpérience nous conduit au torrent
impétueux ; nous aimons braver le danger quand on l'ignore, nos yeux l'ont-il
aperçu, nous tremblons et le sang froid que nous semblions avoir n'est plus
qu'un désarroi, une retraite honteuse devant l'ennemi. Forts dans nos projets
nous embrassons la Faiblesse dans la réalité des choses de la vie.

Honoré HARMAND
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