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 Honoré Harmand (1883-1952) Nuit de Novembre 2 novembre 1905

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MessageSujet: Honoré Harmand (1883-1952) Nuit de Novembre 2 novembre 1905   Jeu 4 Avr - 9:55

Nuit de Novembre
2 novembre 1905

Onze heures sonnaient l'heure du repos
Troublant de la nuit le profond silence
Onze heures sonnaient et tous les échos
De la vieille cloche hâtaient la cadence

(Texte supprimé

Seul avec mes peines je lisais mes rêves
Les jours disparus souvent regrettés
Et les heures chères qui passent si brèves
Et les souvenirs trop vite effacés

Je lisais ma vie des jours d'autrefois
Toutes les gaietés les douces folies
Qui grisent le coeur quand dans les grands bois
Le soir trouble l'air de ses harmonies

Je lisais aussi toutes mes douleurs
Les joies disparues, mes grands désespoirs
Les jours malheureux où nos sombres pleurs
De nos rêves roses font des rêves noirs)

La nuit était sombre et le froid brutal
D'un souffle glacé ébranlait ma porte
Comme fait l'amour au baiser fatal
Quand il vit encor sur la lèvre morte

La neige tombait en gros tourbillons
De son blanc linceul recouvrant la terre
Elle ressemblait à des papillons
Voltigeant le soir près de la lumière

(Texte supprimé

Je la regardais tomber sur la terre
Comme l'infortune sur les malheureux
Elle m'expliquait le profond mystère
Qu'ignorent les coeurs quand ils sont heureux

Dans ses tourbillons je voyais ma mie
M'envoyer de loin sa douce caresse
Dans ses tourbillons l'extase ravie
D'un baiser brutal heurtait ma détresse)

Dans ses tourbillons la voix du passé
Chantait mes douleurs au sein des ténèbres
Et les souvenirs d'un rêve effacé
Et la lourde plainte aux accents funèbres

Une histoire ancienne un conte bien vieux
Que celui d'un coeur pleurant ses chimères
Un serment d'amour un ciel radieux
Une heure vécue et puis des misères

(Texte supprimé

Pour d'autres chimères celle que j'aimais
Une nuit d'automne quitta mon foyer
Elle s'est enfuie disant que jamais
Elle aurait des pleurs pour me regretter)

Pour un autre coeur celle que j'aimais
Quitta ma mansarde une nuit d'automne
Depuis ce temps là je vis des regrets
Et des désespoirs que le jour me donne

(Texte supprimé

Sans doute l'hiver, ma chambre glacée
Aurait refroidi ses folles chimères
Si elle avait su la belle insensée
Combien sont trompeuses les joies éphémères)

Sans doute l'hiver mon sort malheureux
Aurait assombri son règne éphémère
Et le beau tableau qu'enviaient ses yeux
Frôla d'un désir sa lèvre adultère

(Texte supprimé

Si elle avait su que tous les bonheurs
Sont tous imprégnés d'un peu de tristesse
Et que les regrets font verser des pleurs
Mais à cette porte, la foule se presse

Elle croit trouver le rêve idéal
Elle embrasse tout d'une même étreinte
Mais de cette amante le baiser fatal
Au lieu d'un plaisir exhale une plainte

Puis dans ma folie je fis un beau rêve
Le Passé revint me parler d'amour
Ma mie me disait, vois la nuit est brève
Et bientôt là-bas va poindre le jour

L'heure va sonner, du réveil des choses
L'heure du retour des douces clartés
L'heure où nous vivons tous les rêves roses
Que l'amour prodigue aux coeurs adorés

Vois me disait-elle ces ombres qui passent
C'est l'image obscure de ceux qu'on oublie
Les joies disparaissent, les gaietés s'effacent
Mon coeur pour toujours t'a donné ma vie

Vois la neige tombe et ses tourbillons
Blanchissent la terre, de leur blanc manteau
Les flocons ressemblent à des papillons
Qui volent le soir autour d'un flambeau

Mais les plus beaux rêves comme les amours
Traînent derrière eux les désespérances
Et cette nuit-là j'ai pleuré les jours
Qui dans les regrets cachent nos souffrances

J'ai pleuré les heures que l'amour nous donne
Les heures trop brèves qui nous sont ravies
Depuis ce temps-là quand la cloche sonne
La voix du passé dit mes agonies.)

Mais pourquoi pleurer le temps qui n'est plus
Et graver l'ennui sur mon front morose
Pourquoi caresser des voeux superflus
Quand mon coeur se ferme au beau rêve rose

Quand la neige tombe en gros tourbillons
Pourquoi me griser de mes souvenances
L'enfant malheureux couvert de haillons
Est-il moins que moi sujet aux souffrances

Pourquoi regretter les folles amours
Les soirs de la vie ont des heures brèves
L'amertume est là qui guète nos jours
Et sème l'ennui dans nos plus beaux rêves

Une heure sonnait l'heure du repos
Troublant de la nuit le profond silence
Une heure sonnait et tous les échos
A mon coeur guéri parlaient d'Espérance.

Honoré HARMAND
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Honoré Harmand (1883-1952) Nuit de Novembre 2 novembre 1905
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