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 Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Originaux Et Détraqués. Burns I

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MessageSujet: Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Originaux Et Détraqués. Burns I    Ven 14 Juin - 9:18

Burns


Avais-je complètement oublié Burns, pendant mon séjour aux États-
Unis - de 1866 à 1871 - ou bien ne l’avais-je jamais connu? 
C’est ce que je n’oserais sérieusement affirmer. 
Il est assez probable que j’en avais seulement entendu parler, et que le 
souvenir m’en était resté très vaguement dans la mémoire. 
Avez-vous remarqué que les individus les plus excentriques, de même 
que les événements les plus extraordinaires ne vous frappent guère et ne 
vous laissent aucune impression spéciale quand vous êtes enfant? 
Dans votre inexpérience de la vie, vous croyez ces choses-là 
d’occurrence journalière, et elles ne vous surprennent point. 
Tout jeune bébé, je vis un homme du nom de Marceau, ayant à chaque 
main deux petits doigts qui semblaient avoir poussé comme des branches à 
la deuxième phalange de l’index et de l’annulaire. 
Je jouai avec ces petits monstres, sans soupçonner un instant que j’étais 
en présence d’un phénomène.
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MessageSujet: Re: Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Originaux Et Détraqués. Burns I    Ven 14 Juin - 9:18

Quand, en 1849, la fameuse « cage de la Corriveau » fut exhumée sous 
mes yeux, dans le cimetière de Saint-Joseph-de-Lévis, mes camarades et 
moi nous manipulâmes à notre gré la lugubre relique, sans l’ombre d’une 
émotion, et sans la moindre idée que c’était là une des curiosités de notre 
histoire. 
On ne se rend bien compte de ces choses que plus tard. 
Cela peut expliquer comment il se faisait que je n’eusse pas conservé la 
mémoire de Burns, si remarquable que fût le personnage. 
Quoi qu’il en soit, voici en quelles circonstances j’eus l’avantage de 
faire sa connaissance définitive.
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MessageSujet: Re: Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Originaux Et Détraqués. Burns I    Ven 14 Juin - 9:18

J’habitais Chicago, et j’étais en promenade dans mon pays - promenade 
qui dure encore, par parenthèse - et, pour ainsi dire mon sac de voyage à la 
main, j’avais posé ma candidature à Lévis, aux élections de 1871. 
Pour avoir un pied-à-terre dans la circonscription, je m’étais installé à 
titre d’associé, dans l’étude d’un jeune avocat débutant, qui est décédé 
depuis. 
Ma vieille enseigne - l’enseigne à lettres d’or, admirée, lorgnée et 
contemplée avec une si naïve satisfaction, durant les premiers mois 
d’exercice professionnel - ma vieille enseigne, retrouvée au fond d’un 
grenier, avait été clouée au-dessus de la porte extérieure, à l’endroit le plus 
apparent de la façade; et, en moins de quinze jours, grâce aux discours de 
hustings, dont nos compatriotes sont si friands, la popularité, sinon la 
clientèle, commençait à me sourire.
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MessageSujet: Re: Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Originaux Et Détraqués. Burns I    Ven 14 Juin - 9:18

Quand on arrive des Etats-Unis, et qu’on brigue ainsi à brûle-pourpoint 
le suffrage des électeurs pour un siège en parlement - dans une division 
électorale comme Lévis, surtout - on passe nécessairement pour riche. 
Et les électeurs intéressés affluaient, chacun me vantant le plus 
éloquemment possible son dévouement à mes intérêts, mais surtout son 
influence dans sa localité. 
Je les écoutais patiemment, ayant l’air de tout gober; mais, au point de 
vue pratique, quand arrivait le quart d’heure de Rabelais, je me montrais 
quelque peu dur à la détente, et pour cause. 
Cela désappointait un peu certains chauds partisans des amis dévoués 
que je n’avais encore ni vus ni connus; mais j’en entendais d’autres - plus 
malins évidemment - qui murmuraient, une fois passé le seuil de la porte: 
- Laissons-le faire; c’est un fin merle; il garde ça pour les derniers 
jours; nous reviendrons. 
Et je me disais: 
- Dans quel guêpier suis-je donc venu me fourrer sans la moindre 
nécessité, mon Dieu!...
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Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Originaux Et Détraqués. Burns I
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