PLUME DE POÉSIES
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 François-Xavier Garneau (1809-1866) Les oiseaux blancs

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James
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James

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MessageSujet: François-Xavier Garneau (1809-1866) Les oiseaux blancs   François-Xavier Garneau (1809-1866) Les oiseaux blancs Icon_minitimeSam 15 Juin - 21:31

Les oiseaux blancs

Salut, petits oiseaux, qui volez sur nos têtes,
Et de l'aile, en passant, effleurez les frimats;
Vous qui bravez le froid, bercés par les tempêtes,
Venez tous les hivers voltiger sur mes pas.

Les voyez-vous glisser en légions rapides
Dans les plaines de l'air comme un nuage blanc,
Où le brouillard léger que le soleil avide,
A la cime d'un mont, dissipe en se levant?

Entendez-vous leurs cris sur l'orme sans feuillage?
De leur essaim pressé partent des chants joyeux.
Ils aiment le frimat qui ceint comme un corsage
Les branches du cormier, qui balancent sous eux.

Quand un faible rayon de l'astre de lumière
Brille sur le crystal qui recouvre les bois,
Le doux frémissement de leur aile légère
Partout frappe les airs où soupirent leurs voix.

Fuyez, petits oiseaux, dont l'épaisse feuillée
Ne peut plus recueillir l'amour comme au printemps;
Des bouleaux pour vos nids la branche est dépouillée,
Et le froid aquilon siffle dans leurs troncs blancs.
Mais l'air est obscurci d'épais flocons de neige;
Leur vol est plus rapide à l'entour de nos toits.
Sur la balle du grain s'agite leur cortége
À la grange où bondit le van du villageois.

Oh! que j'aime à les voir au sein des giboulées
Mêler leur voix sonore avec le bruit du vent.
Ils couvrent mon jardin, inondent les allées,
Et d'arbre en arbre ils vont toujours en voltigeant.

Quelle main a placé sur la branche qui plie
De perfides réseaux pour arrêter leurs pas?
Ah! fuyez - mais hélas! j'en entends un qui crie,
Le cruel oiseleur va causer son trépas.

Poussant des cris plaintifs ils fuient dans la plaine;
Mes yeux les ont suivis derrière les côteaux;
Mais ils avaient déjà le soir perdu leur haine,
Et je les vis encor passer sous mes vitreaux.

Ils revinrent souvent butiner à ma porte.
Mais de l'arbre perfide ils n'approchaient jamais.
Ils repartent enfin; l'aile qui les emporte
Semble par son doux bruit augmenter mes regrets.

Adieu, petits oiseaux, qui volez sur nos têtes,
Et de l'aile en passant effleurez les frimats.
Vous qui bravez le froid, bercés par les tempêtes,
Venez tous les hivers voltiger sur mes pas.

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