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 François-Xavier Garneau (1809-1866) A mon fils

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James
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MessageSujet: François-Xavier Garneau (1809-1866) A mon fils   Sam 15 Juin 2013 - 21:47

A mon fils


Lorsque tu dors sur le sein de ta mère
Souvent mes yeux s'arrêtent sur tes traits,
Où les zéphirs sous la gaze légère
Portent des champs les parfums toujours frais.
Mais qui peut dire, en quittant le rivage,
Que les zéphirs te suivront jusqu'au port?
Dors, mon enfant; le ciel est sans nuage,
Et l'aquilon ne souffle pas encor.
Des rêves d'or berceront ton enfance;
Insoucieux, tout te semblera beau.
Tu grandiras, avec toi l'espérance,
Prisme trompeur qui nous suit au tombeau.
Plus tard enfin le temps impitoyable
Détruira tout, plaisirs, projets, bonheur.
Dors, mon enfant; ton rêve est agréable,
Bientôt viendront des pensers de douleur.
Si ton génie à la lyre sonore
Prête des chants inspirés par les Dieux,
Comme l'oiseau qui chante avec l'aurore,
Ils n'auront plus d'écho que dans les cieux
Ces doux refrains qui charment mon oreille
Vont s'oublier pour des sons inconnus.
Dors, mon enfant; pour toi ta mère veille
Et de sa voix les chants sont suspendus.

Si le destin sur la terre étrangère
Guide tes pas bien loin de ton pays,
Tu verseras plus d'une larme amère
Au souvenir de ces bords trop chéris.
Le haut rang même où tu semblerais être
Perdra soudain à tes yeux sa splendeur.
Dors, mon enfant; le sol qui t'a vu naître
Sera toujours le pays de ton coeur.

Si fier, enfin, des exploits de nos pères,
Tu te plaisais au milieu des combats,
Puisse le ciel rendre tes jours prospères
Et loin de toi conduire le trépas.
Mais là du moins l'homme tombe avec gloire,
Et son pays lui doit un souvenir.
Dors, mon enfant; si tu vis dans l'histoire,
Laisse un nom cher aux fils de l'avenir.

Mais l'avenir se grossit de nuages;
Pour bien des fils les legs seront sanglants:
Si je pouvais conjurer ces orages,
Avec plaisir je verrais ton printemps.
Non, le passé n'a pas brisé ses armes,
Chacun se dit : Washington renaîtra.
Dors, mon enfant; car le tambour d'alarmes
Trop tôt pour toi peut-être sonnera.

Moi, je voudrais, mon fils, qu'à ton asile
Cérès brillât au milieu des neuf soeurs,
Et que la paix à leur appel docile

Y présidât le front orné de fleurs;
Dans se séjour, seul que je te souhaite,
D'amis choisis toujours environné,
On vît les arts embellir ta retraite
Dans quelque lieu champêtre et fortuné.

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