PLUME DE POÉSIES

Forum de poésies et de partage. Poèmes et citations par noms,Thèmes et pays. Écrivez vos Poésies et nouvelles ici. Les amoureux de la poésie sont les bienvenus.
 
AccueilPORTAILS'enregistrerConnexionPublications
Partagez | 
 

 Théophile Gautier (1811-1872) COMPENSATION.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
James
FONDATEUR ADMINISTRATEUR
FONDATEUR ADMINISTRATEUR
avatar

Masculin
Dragon
Nombre de messages : 127629
Age : 53
Localisation : Mon Ailleurs c'est Charleville-Mézières
Date d'inscription : 04/09/2007

MessageSujet: Théophile Gautier (1811-1872) COMPENSATION.   Lun 24 Juin 2013 - 20:52

COMPENSATION.


Il naît sous le soleil de nobles créatures,
Unissant ici-bas tout ce qu'on peut rêver,
Corps de fer, coeur de flamme, admirables natures;

Dieu semble les produire afin de se prouver;
Il prend, pour les pétrir, une argile plus douce,
Et souvent passe un siècle à les parachever.

Il met, comme un sculpteur, l'empreinte de son pouce
Sur leurs fronts rayonnants de la gloire des cieux,
Et l'ardente auréole en gerbes d'or y pousse.

Ces hommes-là s'en vont, calmes et radieux,
Sans quitter un instant leur pose solennelle,
Avec l'oeil immobile et le maintien des dieux.

Leur moindre fantaisie est une oeuvre éternelle,
Tout cède devant eux; les sables inconstants,
Gardent leurs pas empreints, comme un airain fidèle.

Ne leur donnez qu'un jour ou donnez-leur cent ans,
L'orage ou le repos, la palette ou le glaive,
Ils mèneront à bout, leurs destins éclatants.

Leur existence étrange est le réel du rêve;
Ils exécuteront votre plan idéal,
Comme un maître savant le croquis d'un élève.

Vos désirs inconnus, sous l'arceau triomphal,
Dont votre esprit en songe, arrondissait la voûte,
Passent assis en croupe au dos de leur cheval.

D'un pied sûr, jusqu'au bout, ils ont suivi la route,
Où, dès les premiers pas, vous vous êtes assis,
N'osant prendre une branche au carrefour du doute.

De ceux-là, chaque peuple en compte cinq ou six,
Cinq ou six, tout au plus, dans les siècles prospères,
Types toujours vivants dont on fait des récits.

Nature avare; ô toi! si féconde en vipères,
En serpents, en crapauds tout gonflés de venins;
Si prompte à repeupler tes immondes repaires;

Pour tant d'animaux vils, d'idiots et de nains,
Pour tant d'avortements et d'oeuvres imparfaites,
Tant de monstres impurs échappés de tes mains;

Nature, tu nous dois encor bien des poëtes!

_________________


Revenir en haut Aller en bas
https://www.plumedepoesies.org
 
Théophile Gautier (1811-1872) COMPENSATION.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Théophile Gautier (1811-1872)
» Théophile Gautier (1811-1872) SÉRÉNADE
» Théophile Gautier (1811-1872) LE POETE ET LA FOULE.
» Théophile Gautier (1811-1872) LA LUNE.
» Théophile Gautier (1811-1872) ADIEUX A LA POÉSIE.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
PLUME DE POÉSIES :: POÈTES & POÉSIES INTERNATIONALES :: POÈMES FRANCAIS-
Sauter vers: