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 Victor HUGO (1802-1885) APPARITION

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Victor HUGO (1802-1885) APPARITION Empty
MessageSujet: Victor HUGO (1802-1885) APPARITION   Victor HUGO (1802-1885) APPARITION Icon_minitimeMar 27 Déc - 21:13

APPARITION
À force d'aspirer à ce grand but : connaître,
À force de sonder le fond sacré de l'être,
A force de fixer mes regards inquiets
Sur toi qui peux, sur toi qui vis, sur toi qui es,
A force de parler à l'inconnu sans bornes,
Au mystère où l'horreur entr'ouvre ses yeux mornes,
A force de vouloir, noir plongeur fait de jour,
Jusqu'en l'océan Nuit trouver la perle Amour,
J'ai fini, coeur où vibre une invisible lyre,
Par voir sortir de l'ombre un effrayant sourire.
*XXXVIII
Dans ces heures où Dieu donne ou reprend la flamme,
Où le soleil revient ou s'en va comme une âme,
Où tout est solennel,
Où pour se transformer l'ordre éternel s'arrête,
Où le jour et la nuit luttent sur notre tête
A qui prendra le ciel ;

Le monde est en suspens. Quiconque pense ou rêve
Sait que l'heure où tout change est l'heure où tout s'achève,
AQue l'espoir est menteur ;
Et l'esprit qui se penche alors sur la nature
Y sent de toutes parts ployer la créature
Devant le créateur !

Car on touche à la crise où tout peut se suspendre,
L'essieu peut se briser, le ressort se détendre,
Le flambeau s'éclipser.
Dans tous les coeurs se dresse un spectre affreux : PEuT-ÊTRE !
Le souffle qui passait et qui faisait tout naître
Peut ne plus repasser !

Car l'éternel concert n'en est qu'à son prélude.
Celui qui fait la loi la réforme ou l'élude.
39 À TRAVERS CE QU'ON SENT... 835
Des cieux il est l'auteur.
Et sait-on ce que Dieu, qui trompe notre *étude,
Dans sa toute-puissance et dans sa solitude,
Fait à cette hauteur ?

Qui nous répond de toi, Seigneur ? Qui sait encore
Si ton souffle un matin n'éteindra pas l'aurore,
A l'heure de venir ?
Le soleil est à Dieu. La terre ignore et rampe.
Qui sait si le travail qu'il fait à cette lampe
N'est pas près de finir?

Quand il aura fini Dieu l'éteindra sans doute.
Que ferons-nous alors dans l'ombré et .dans .le doute
,Heurtant tous, nos essieux?
Qu'est-ce que tous ces chais qu'on appelle des mondes,
Et qui portent chacun tant de choses profondes
Deviendront dans les cieux ?

Aussi quand le soleil s'est éteint sur les-cimes;
Quand l'obscurité rampe au penchant des abîmes
Et du fond. monte au bord ;-
Quand dans les lieux profonds la profondeur redouble ;
Quand le rêve au contour monstrueux, à l'oeil trouble,
De toute chose sort ;

Quand les ombres de tout par les bords se rencontrent ;
Lorsqu'un réseau de brume où cent formes se montrent,
Flotte, au vent dénoué ;
Quand le ciel où la nue à plis sombres se traîne
Laisse voir par endroits un peu de jour à peine
-Comme un manteau troué ; .

Alors un mouvement se fait dans la nature ;
La nuit vient ; gouffre ,sombre où l'être s'aventure
De guides dépourvu ! .
Car il semble qu'à l'heure où tout dort et repose
Toujours la nuit peut .faire au monde quelque chose
D'horrible et d'imprévu !
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Victor HUGO (1802-1885) APPARITION
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