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 Joseph Autran (1813-1877) La Fin De L'Epopée.V

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MessageSujet: Joseph Autran (1813-1877) La Fin De L'Epopée.V   Joseph Autran (1813-1877) La Fin De L'Epopée.V Icon_minitimeJeu 5 Jan - 23:06

V

« Thétis, le jour suivant, accourt; mère immortelle,
Elle apporte à son fils une armure nouvelle,
Travail qu’un dieu forgea de ses mains d’ouvrier:
C’est le glaive d’airain qui pend au baudrier,
La cuirasse, la lance aux étoiles pareille,
Les brodequins d’argent, enfin cette merveille,
Ce divin bouclier d’un si riche contour
Que pour le bien chanter il faudrait tout un jour.
Comme la jeune fille, au matin d’une fête,
De perles et dé fleurs orne sa blonde tête;
Riante, avec un art à ses doigts familier,
Elle attache à son cou les rubis du collier,
Revêt les fins tissus, les gazes virginales.
Et court de sa parure étonner ses rivales;
Ainsi fait le héros; sous l’armure des dieux,
Il se montre, et sa gloire éblouit tous les yeux!

» Cette fois, il franchit le fossé; la bataille
L’attendit trop longtemps, qu’il aille enfin, qu’il aille!

Il a déjà tué, courant comme un lion,
Tros, enfant d’Alastor, Adraste, Mulion;
Il tue Hippodamas, roi d’Hélice; il abrège
Les jours d’Iphition qui naquit sur la neige:
Le front blanc du Tmolus l’avait, roi du pays,
Vu naître des amours d’Otrynte et de Nais.
Polidore apparaît hors des rangs, Polidore
Qui des fils de Priam est le plus jeune encore.
Son père, au jour naissant, lui défendit en vain
De sortir pour combattre; Achille au bras divin
L’aperçoit, et, frappé sous la cotte de mailles,
L’enfant meurt, des deux mains retenant ses entrailles.

» Hector, en ce moment, fier, semblable au dieu Mars,
Arrivait; ce carnage afflige ses regards,
Et sur le sombre Achille il marche avec audace.

» Enfin, je puis le voir, lui parler face à face,
» Celui par qui la mort du soldat que j’aimais
» M’a mis au coeur un deuil qui le navre à jamais.
» Approche, et du trépas franchis la sombre porte! »
Dit le fils de Thétis que la fureur transporte.

» Hector lui répondit de son air triomphant:

« Cherche pour l’ébranler, cherche un timide enfant,
» Si vaillant que tu sois, je suis prêt à la lutte.
» Cette heure va marquer ou ta mort ou ma chute;
» Mais, en face des dieux, gardiens des serments,
» Prenons, si tu m’en crois, de saints engagements.
» Toi mort, je jure ici d’épargner un outrage
» Au rival dont je sais admirer le courage;
» Fais le même serment! - Non, garde tes traités,
» Non, non, répond Achille aux accents irrités,
» Je n’aventure en rien les droits de ma vengeance.
» Depuis quand les agneaux sont-ils d’intelligence
» Avec les loups des bois? Il faut qu’un de nous deux
» Succombe, et le vainqueur fera selon ses voeux! »

« Hector, sentant alors que son heure est venue,
Sur le héros divin lève sa lame nue.
D’un geste non moins prompt, Achille tend le fer.
Tel, dans l’ombre des nuits étincelle Vesper,
Tel on voit, dans la main de l’enfant de Pelée,
Reluire coup sur coup son glaive, arme étoilée.
Il s’élève, il s’abaisse, il monte et redescend;
Terrible, il semble vivre et demander du sang!
Hector, qui de Priam soutient toute la race,
Avait mis, ce jour-là, sa plus forte cuirasse,

Armure qui s’ouvrait seulement à l’endroit
Où le souffle de vie a son passage étroit.
Longtemps les coups d’Achille errent à l’aventure;
Enfin, l’agile fer trouve cette ouverture
Et plonge tout entier dans la gorge d’Hector.
Le lion est tombé, mais il respire encor.
N’importe, l’héritier d’une mère divine
S’approche, et lui mettant le pied sur la poitrine:
« Ah! tu croyais peut-être, en ton aveuglement,
» Qu’on venait immoler Patrocle impunément.
» Mais, lui mort, il restait sur notre flotte sombre
» Une main vengeresse et fidèle à son ombre;
» Et maintenant, du moins, à ce mort jeune et beau
» Il me sera permis d’élever un tombeau! »
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Joseph Autran (1813-1877) La Fin De L'Epopée.V
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