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 Joseph Autran (1813-1877) Le Gibet.

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Joseph Autran (1813-1877) Le Gibet. Empty
MessageSujet: Joseph Autran (1813-1877) Le Gibet.   Joseph Autran (1813-1877) Le Gibet. Icon_minitimeDim 8 Jan - 18:56

Le Gibet.

UN soir qu’il chevauchait dans le royaume basque,
Seul, la tête inclinée, et songeait sous son casque,
Roland, dans la forêt, entendit de grands cris.
C’était un dur païen, le roi Bolivaris.
Qui dans un fourré sombre entraînait une femme.
« Cela ne sera pas, j’en jure sur mon âme!
S’écria le baron. S’il est des oppresseurs,
II est, de temps en temps aussi, des défenseurs.»
Il courut au païen, homme de taille énorme,
Le prit, le terrassa dans une lutte en forme,
Avec son gant de fer le frappa sans repos.
Puis, un chêne étant là, découvert à propos,

Il y traîna ce roi garrotté d’une corde.
Le géant avait beau crier miséricorde!
Se débattre et lutter contre le bras nerveux,
Roland, qui le tenait toujours par les cheveux,
Le tirait, en grimpant, dans la sombre ramure.
La voix de l’Africain n’était plus qu’un murmure:
« Qui donc es tu, grand Dieu? disait-il en râlant.
- Je suis le redresseur des torts, je suis Roland,
Répondait le héros: j’ai pris sous ma défense
Tous ceux que l’on dépouille et tous ceux qu’on offense.
Viens! c’est fini de toi!. . .» Les branches sous les pieds
Craquaient; les vols d’oiseaux partaient tout effrayés.
De rameaux en rameaux, il monta vers la cime,
Et le pendit enfin sur le bord d’un abîme.
« Reste là, lui dit-il, reste! demain matin,
Les corbeaux du pays auront un beau festin.»
Puis il redescendit, et dans l’herbe menue
Trouvant, morte à demi, cette belle inconnue,
Il attendit, debout, dans les fleurs du gazon,
Que son esprit revint de cette pâmoison.
Quand elle ouvrit les yeux, il était là, près d’elle,
Attentif et muet comme une sentinelle.
« Quel est ce chevalier? pensait-elle en son coeur;
Je lui dois mon salut, mais quel est ce vainqueur?

- Quelle est donc, pensait-il à son tour, cette femme?
Ne tremblez plus ainsi, rassurez-vous, madame!»
Il la reconduisit jusqu’au bout du chemin,
Et, prenant congé d’elle, il lui baisa la main!




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