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 Charles Beltjens. (1832-1890) À Beethoven (1886) Midi (1880) III

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Charles Beltjens. (1832-1890) À Beethoven (1886) Midi (1880) III Empty
MessageSujet: Charles Beltjens. (1832-1890) À Beethoven (1886) Midi (1880) III   Charles Beltjens. (1832-1890) À Beethoven (1886) Midi (1880) III Icon_minitimeMar 31 Jan - 22:57

III

Plus loin, c’est la Bataille, horrible, folle, immense,
Qui dès l’aube mugit, rouge de sang humain,
Heurtant dans les éclairs deux peuples en démence
Dont la moitié sera chair à corbeaux demain.

La Géante aux cent bras, fille des Briarées,
Tournant sa double meule aux sinistres parois,
Emporte en tourbillons, les laces effarées,
Cent mille combattants, sombre enjeu de deux rois.

Au centre du duel sa roue affreuse roule,
Invisible aux regards des lutteurs furieux;
A chacun de ses tours un mur d’hommes s’écroule,
Butin de la meunière au front mystérieux.

La Mort, comme un croupier, autour d’elle chemine,
Raflant avec sa faulx les funèbres épis,
Bataillons, escadrons, que le canon fulmine,
De leurs tronçons sanglants jonchant le vert tapis.

Pour orchestre, les feux tonnants des batteries,
Gorgones vomissant l’horreur dans tous les rangs,
Les clairons, les tambours et les mousqueteries,
Et les cris des blessés sur les corps des mourants.

Carrousel infernal! chocs terribles, carnage!
Comme un boucher à l’oeuvre essuyant son étal,
L’ouvrière sans yeux, halète, tout en nage,
Et, flairant la chair fraîche, attend le coup fatal.

Rien ne va plus! -Mêlée, aux étreintes féroces,
Voici ton tour! Hourra, cavaliers, fantassins!
Pied contre pied, dehors les sabres, haut les crosses,
Et les yeux dans les yeux, tels que des assassins!

Ecoutez, regardez! Comme deux mers sauvages,
Sur qui deux ouragans hurlent échevelés,
A l’étroit dans l’abîme, aux roches des rivages
Brisent en mugissant leurs flots amoncelés,

Les deux camps l’un dans l’autre avec de sourds murmures
Enroulent le massacre en puissants tourbillons;
L’acier brise l’acier; tout le long des armures
Le sang coule en ruisseaux, la chair vole en haillons;

Noir linceul, la fumée enveloppe l’arène,
Bouillonnante fournaise en proie à deux volcans;
La victoire qui tient la palme souveraine
Hésite et plane encore au-dessus des deux camps.

Tout à coup l’un des deux plie et croule en arrière;
Sauve qui peut! -Sus aux fuyards! -Point de merci!
La vengeance le veut, et, brisant sa barrière,
Bondit comme un enfer, d’un autre enfer grossi.

C’en est fait; la déroute en ses serres avides
A déchiré sa proie en milliers de lambeaux,
Hâtez-vous fossoyeurs! -Aux cadavres livides
Les fosses de chaux vive ou les becs des corbeaux!

Et maintenant sonnez, trompettes et cymbales!
De par la loi du fer tout un peuple a vécu;
Montez au Capitole, exploits des cannibales!
Gloire au triomphateur et malheur au vaincu!
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