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 Honoré Harmand (1883-1952) Les douleurs du poète

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MessageSujet: Honoré Harmand (1883-1952) Les douleurs du poète   Jeu 4 Avr - 9:47

Les douleurs du poète
1er novembre 1905
Version Du 11 mars 1906, texte remplacé enentre parenthèse

Souvent dans le silence où se berce mes rêves
Quand mon grand désespoir me parle du passé
Je pleure les beaux jours aux chimères si brèves
Qui passent ici-bas comme un songe effacé.

Je pleure et les échos de la forêt profonde
(Répètent les secrets de mes grandes douleurs)
Répètent le secret de mes sombres douleurs
Comme l'écho troublé des murmures de l'onde
Chante du nautonier les joyeuses clameurs

(Ces échos du passé que j'aime les entendre
Ils sont les voix du monde qui vient de s'achever
Mais pourquoi les ravir est-ce pour nous les rendre
Quand nos coeurs en souffrant ont su les regretter)

Pourquoi ravir ainsi de belles espérances
A mon coeur malheureux d'avoir trop regretté
Dis-moi destin cruel gardes-tu des souffrances
Pour me frapper encor l'instant de la gaieté

(Répondez-nous, abîmes qui figurez la vie
Et toi sombre forêt où je viens méditer
Quand tous nos souvenirs chantent leur agonie
Le bonheur d'ici-bas cesse-t-il d'exister ?)

Dis-moi si chaque fleur au sein de la nature
D'un langage sacré me parlera d'amour
Et si je guérirai de l'affreuse blessure
Que me fit du passé le funeste retour

(Ou bien chaque chimère enfantée dans un rêve
Enfante-t-elle aussi une douce chimère
Et le bonheur qui passe aussitôt qu'il s'achève
Est-il suivi d'un rêve au bonheur éphémère ?)

Je t'interroge en vain que vas-tu me répondre
Des choses que je sais déjà depuis longtemps
J'ai senti ma raison obscure se confondre
Dans l'abîme profond qu'on appelle le Temps.

(Quoi, je vous interroge et mon coeur me répond
Dans cette vie hélas quand les joies disparaissent
Les mortels entrevoient un abîme profond
Où meurent lentement les rêves qu'ils caressent)

(Un linceul qui s'agite sous leurs yeux pleins de larmes
Est l'image des jours qu'il leur faut accepter
L'homme désespéré n'a plus que des alarmes
Et de grandes douleurs qu'il ne peut partager)

(Ah, je comprends pourquoi chaque heure de la vie
N'est plus ce qu'elle était dans les jours du passé
Des années disparues, une caresse ravie
Et dans mon coeur meurtri hélas tout est changé)

Je comprends le problème et les lois de la vie
Le bonheur n'est pas fait pour un désabusé
Un beau rêve vécu une extase ravie
Et dans le monde hélas pour moi tout est usé

(Les fleurs se sont fanées sous ma lourde caresse
Et les lèvres aimées qui me parlaient d'amour
Se sont tues à mon coeur et ma sombre détresse
N'est plus qu'un mal affreux qui grandit chaque jour)

Si je cueille une fleur bien vite elle se fane
Comme mon espérance aux rayons du malheur
La caresse innocente est un baiser profane
A ma lèvre qui tremble à la moindre frayeur

(Les cloches dont j'aimais la sauvage harmonie
De leurs chants de gaieté ne troublent plus les airs
Elles chantent toujours mais c'est mon agonie
Qu'elles mêlent moqueuses à leurs tristes concerts)

La cloche au son plaintif d'une voix plus étrange
Ne chante plus pour moi que d'amers souvenirs
Elle a tout confondu dans un triste mélange
Ma gaieté souriante et mes profonds soupirs

(Eh pourquoi ces regrets que m'importe le monde
Je ne demande rien, plaisirs disparaissez
De toutes vos chimères la source est trop profonde
La nature me reste et pour moi c'est assez)

(Elle suffit aux âmes qui savent la comprendre
Elle sait consoler le coeur des affligés
Les bienfaits qu'elle donne elle aime à les répandre
C'est une joie pour elle de les avoir donnés)

(Elle est la loi suprême, le grand consolateur
De ceux qui dans son sein viennent pour oublier
Et dans mon avenir où veille le malheur
Elle cache l'amour qui doit me protéger)

(Alors je comprendrai chaque heure de la vie
Et tout ce qu'elle était dans les jours du passé
Puis quand aura sonné mon heureuse agonie
Je m'en irai joyeux car j'aurai tout aimé.)

Eh ! Qu'importe après tout la source du mystère
Qui jette son linceul sur mon rêve effacé
Pourquoi troubler mes jours d'une vaine colère
Je ne demandais rien on ne m'a rien donné.

Honoré HARMAND
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Honoré Harmand (1883-1952) Les douleurs du poète
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