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 Louis Fréchette (1839-1908) L'Amérique II

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MessageSujet: Louis Fréchette (1839-1908) L'Amérique II   Sam 20 Avr - 12:09

II

Amérique! - salut à toi, beau sol natal!
Toi, la reine et l'orgueil du ciel occidental!
Toi qui, comme Vénus, montas du sein de l'onde,
Et du poids de ta conque équilibras le monde!

Quand, le front couronné de tes arbres géants.
Tu sortis, vierge encor, du sein des océans,
Fraîche, et le sein baigné de lueurs éclatantes;
Quand, secouant leurs flots de lianes flottantes,
Tes grands bois ténébreux, tout pleins d'oiseaux chanteurs,
Imprégnèrent les vents de leurs âcres senteurs;
Quand ton mouvant réseau d'aurores boréales
Révéla les splendeurs de tes nuits idéales;
Quand tes fleuves sans fin, quand tes sommets neigeux,
Tes tropiques brûlants, tes pôles orageux,
Eurent montré de loin leurs grandeurs infinies,
Niagaras grondants! blondes Californies!
Amérique! au contact de ta jeune beauté,
On sentit reverdir la vieille humanité!

Car ce ne fut pas tant vers des rives nouvelles
Que l'austère Colomb guida ses caravelles,
Que vers un port sublime où tout le genre humain
Avec fraternité pût se donner la main;
Un port où l'homme osât, sans remords et sans crainte,
Vivre libre, au soleil de la liberté sainte!
C'est ce port idéal que Colomb a trouvé.
Mais qui croira jamais que Colomb ait rêvé
Les bienfaits infinis dont il dotait notre ère?
Ah non! même en luttant contre le sort contraire,
Raillé par l'ignorance, en butte au préjugé,
Rebuté mille fois, jamais découragé,
Ce Génois immortel ou ce Corse sublime
Entrevoyait à peine une lueur infime
- Quand à San Salvador il pliait les genoux -
Du radieux soleil qu'il allumait pour nous.

Le héros, qui rêvait d'enrichir un royaume,
De l'immense avenir ne vit que le fantôme.
Sans doute il savait bien qu'un éternel fleuron
Dans les âges futurs brillerait à son front,
Que des peuples entiers salueraient son génie;
Mais Colomb, en cherchant la moderne Ausonie,
Ne fut - le fier chrétien en fit souvent l'aveu -
Qu'un instrument passif entre les mains de Dieu;
Et, quand il ne croyait que suivre son étoile,
La grande main dans l'ombre orientait la voile!
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Louis Fréchette (1839-1908) L'Amérique II
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