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 Louis Fréchette (1839-1908) La guerre

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MessageSujet: Louis Fréchette (1839-1908) La guerre   Ven 3 Mai - 9:15

La guerre

Centaure formidable! Euménide écumante!
Spectre au ride d'enfer, à l'oeil ensorcelé!
Monstre qui souilles tout de ta bave fumante!
Fantôme horrible, échevelé!

Des vengeances du ciel effroyable ministre!
Monarque couronné de malédictions !
Guerre, vampire affreux dont la lèvre sinistre
Suce le sang des nations!

Ce n'est donc pas assez que, dans la vieille Europe,
Tes coups aient fait crouler des trônes de mille ans,
Il faut, puissant vautour, que ta serre enveloppe
Les peuples des deux continents!

Il faut à ta fureur de nouvelles victimes!
Il faut du sang plus jeune à ta voracité!...
De l'immense Océan franchissant les abîmes,
Ton vol sur nous s'est arrêté.

Sous ton souffle, j'ai vu l'aigle du Nouveau-Monde,
L'aigle de Washington, oubliant son destin,
Fondre sur ses aiglons d'une aile furibonde
Et déchirer son propre sein!

J'ai vu la mort affreuse étendre ses deux ailes
Des bords du Potomac jusqu'au Mississippi...
Et ton bras qui frappait ces campagnes si belles
Ne s'est pas encore assoupi.

Tout tombe! rien ne fuit tes foudres vengeresses!
Rien de mortel n'échappe à ta sombre fureur!
Depuis le dur granit des hautes forteresses,
À l'humble toit du laboureur.

Mais leurs débris, bien loin de lasser ta furie,
Ne font qu'aiguillonner ta noire soif de sang:
Et tu veux, te ruant sur ma belle Patrie,
La percer d'un poignard au flanc.

Loin de tes funestes alarmes,
Mon pays savoure les charmes
D'une paisible liberté;
Et ses enfants dignes d'envie
Goûtent les plaisirs de la vie
Au sein de la prospérité.

Rien ne trouble leur existence;
Les ris, la joie et l'abondance
Se sont assis à leurs foyers;
Seul, le soir, au feu qui pétille,
Le vétéran à sa famille
Parle batailles et lauriers.

Jamais le vent de tes tempêtes
N'a soufflé sur les blondes têtes
Qui se pressent autour de lui;

Leur vie a passé sans nuage;
Oh! ne vient pas souffler l'orage
Au sein de leurs coeurs aujourd'hui!

Mais jamais, au jour de l'épreuve,
On n'a vu les fils du grand Fleuve
Trembler devant un étranger;
Et, tous, au premier cri de : Guerre!
On les verra sur la frontière,
Sauver la Patrie en danger!
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Louis Fréchette (1839-1908) La guerre
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