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 François-Xavier Garneau (1809-1866) Louise BURNS. III

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James
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MessageSujet: François-Xavier Garneau (1809-1866) Louise BURNS. III   Sam 15 Juin - 21:58

III


Dans les arbres touffus autour du vieux château
Dont l'image en tremblant se dessinait sur l'eau,
S'entretenaient un soir Edouard et Louise
Assis sous les rameaux balancés par la brise.
Louise ressemblait sous ses vêtements blancs
À ces anges du ciel purs et resplendissants
Dont les bardes divins nous ont tracé l'image.
Une noble douceur régnait sur son visage.
L'un pour l'autre leurs coeurs semblaient être formée,
Avant de le savoir tous deux s'étaient aimés.
Mais des feux inconnus troublaient déjà leurs âmes.
Dans leurs sens agités s'allumaient d'autres flammes;
Assis au bord des flots à leurs pieds murmurant,
Murmure qui comme eux soupirait tendrement,
Edouard appuyait sur les bras de Louise
Son front dont les cheveux se jouaient dans la brise,
Tandis que les oiseaux voltigeant dans les airs,
Répandaient autour d'eux leurs amoureux concerts.
Là, leurs coeurs se livraient aux douces rêveries;
Tous les jours enivrés à leurs coupes fleuries,
Ils semblaient oublier leur terrestre séjour!
Quel bonheur est égal à son premier amour!
Mais ce bonheur, hélas! durait peu pour Louise.

Le rayon lumineux dans son âme surprise
Jetait un vif éclat, puis mourait aussitôt;
Le calme ne faisait que passer sur le flot.
Edouard, tout semble nous sourire;
Et pourtant peut-être ai j e tort?
Mais malgré moi je crains le sort,
Et les pressentiments que le passé m'inspire.
Qui sait quel avenir me destine le ciel?
Qui peut jamais sonder ce secret éternel? -
L'avenir! Devant nous, il recule sans cesse.
Dans le fond du passé, que vois-je? la tristesse.
Le trépas avec elle a marqué mon berceau:
Hélas! mes premiers cris troublèrent un tombeau.
Non, je n'ai jamais vu ceux qui m'ont donné l'être:
Sous le toit étranger, Edouard, j'ai dû croître.
Puis elle devint triste. Orpheline en naissant
Elle n'avait jamais connu l'embrassement,
Le tendre embrasscment d'une mère chérie;
Et sans savoir pourquoi sa paupière attendrie
Se voilait souvent de pleurs,
En voyant du matin, le soir, périr les fleurs,
Ou la feuille que loin de sa tige tremblante
Emportait dans son cours l'onde toujours fuyante. -
Edouard! Edouard! pour toi fut le bonheur.
Et dans ces lieux si chers un père dont le coeur
Te comprit et pour toi battait plein d'espérance,
Veilla sur ton berceau, protégea ton enfance;
Une mère sourit tous les jours à tes voeux,
Et sème sur tes pas des jours purs et heureux.
Mais moi, pauvre étrangère, en vain mon âme est triste,
Qui peut soulager sa douleur?
Hélas! chaque penser qui m'égaie ou m'attriste
Doit naître et mourir dans mon coeur.
À ces mots, Edouard s'attendrit et la presse
Longtemps contre son sein: Pourquoi tant de tristesse,
Ô toi, pour qui je donnerais mon sang!
Eh! ne suis-je donc plus ton frère, ton amant?
Rejette loin de toi ces lugubres pensées.
De ton sort satisfait les rigueurs sont passées.
Le mien qui nous sourit veillera sur nos jours.
N'as-tu pas foi dans lui comme dans nos amours? -
Edouard, pourrait-il changer la destinée?
La mienne me poursuit depuis que je suis née.
Un songe que j'ai fait, et qui troubla mes sens,
Semble ajouter encor à mes pressentiments.
Toi qui fais, Edouard, toute mon espérance,
Pardonne à mon coeur son effroi;
Il n'a rien de caché pour toi,
Et ce récit pourra soulager sa souffrance.

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François-Xavier Garneau (1809-1866) Louise BURNS. III
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