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 Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Les lutins

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MessageSujet: Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Les lutins   Jeu 13 Juin - 7:33

Rappel du premier message :

Les lutins


Histoire de chantiers
-Les lutins, les enfants? Vous demandez si je connais c'que c'est que les 
lutins? Faudrait pas avoir roulé comme moi durant trente belles années dans les 
bois, sus les cages et dans les chanquiers pour pas connaître, de fil en aiguille tout 
c'que y a à savoir sus le compte de ces espèces d'individus-là. Oui, Jos Violon 
connaît ça, un peu!
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MessageSujet: Re: Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Les lutins   Jeu 13 Juin - 7:36

Tous les lundis matin, Zèbe trouvait Belzémire ben soignée, et sa toilette faite. 
Ça fut ben pire au jour de l'an, par exemple; ce jour-là pas de Belzémire! a reparut 
dans son part que le lendemain matin, fraîche comme une rose. Quoi c'quelle était 
devenue pendant ce temps-là? Pain-d'épices, qu'avait passé la journée à la chasse,

nous jurit sus sa grand' conscience, qu'il l'avait vue filer au loin par-dessus les 
âbres comme si le diable l'avait emportée.
Je m'informais de temps en temps de ce qui se passait; mais sitôt que j'ouvrais 
la bouche là-dessus:
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MessageSujet: Re: Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Les lutins   Jeu 13 Juin - 7:36

-Je vous en prie, père Jos, que me disait le grand Zèbe, parlons pas de d'ça, 
c'est mieux. Chaque fois que je mets le pied dans l'écurie, je tremble toujours de 
voir la gueuse de planche se lever et le maudit chapeau pointu se montrer. On est 
pas près de me revoir par icitte; tout le Saint-Maurice est ensorcelé, qu'on dirait!
Jos Violon était pas pour le démentir, les enfants; parce que, aussi vrai comme 
vous êtes là, je ne sais pas si c'est à cause du voisinage de Trois-Rivières, mais j'ai 
jamais passé un hivernement dans les environs du Saint-Maurice, sans qu'il nous 
arrivit quèque vilaine traverse.
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MessageSujet: Re: Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Les lutins   Jeu 13 Juin - 7:36

Quoi qu'il en soit, comme dit M. le curé, le printemps arrivé, on se fit pas prier 
pour prendre le bord d'en bas. Les rafts étaient parées, tout le monde arrimit son 
petit bagage pour se mettre en route. Les cloques, les casques, les raquettes, les 
outils, les fusils, les pièges, le violon de Fifi Labranche, le damier à Bram Couture, 
exétera, exétera!
Le Boss nous avait chargés, Zèbe Roberge épi moé, de ramener les deux 
chevaux. Nous v'la partis tous les deux en traîne avec Belzémire dans les 
ménoires, et le grand noir qui nous suivait par derrière. On descendait grand train, 
quand, à un endroit qu'on appelle la Fourche, v'là ty pas la jument qui se lance à 
bride abattue à gauche, au lieu de piquer à droite le long de la rivière.
Zèbe tire, gourme, cisaille: pas d'affaires! la gueuse de Belzémire filait comme 
le vent. Qu'est-ce que ça voulait dire?
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MessageSujet: Re: Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Les lutins   Jeu 13 Juin - 7:36

-Enfin, laissons-la faire, que je dis; on rejoindra la rivière plus loin. 
On fit ben sûr cinq bonnes lieues de ce train-là, et je commencions à trouver la 
route longue, quand on aperçut une maison.
« Bon! que j'allais dire, on va pouvoir se dégourdir un peu les éléments! »
Mais j'avions pas fini d'ouvrir la bouche que Belzémire était arrêtée dret 
devant la porte.
-Quins! que dit Zèbe Roberge, on dirait que la guevalle connaît les airs, elle a 
pourtant jamais rôdé par icitte.
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MessageSujet: Re: Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Les lutins   Jeu 13 Juin - 7:36

Comme il achevait de dire ça, v'la la porte qui s'ouvre, épi qu'on entend une 
petite voix claire qui disait:
-Quins! c'est la jument à M. Baptiste! Voyez donc si elle est fine, a se 
reconnaît, elle qu'est presque jamais venue dans le jour...
-Tais-toi, pi ferme la porte! cria une grosse voix bourrue partie du fond de la 
maison.
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MessageSujet: Re: Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Les lutins   Jeu 13 Juin - 7:36

A sentait le lutin, c'est ben clair...
L'année d'après, qui c'que vous pensez que je rencontre dans le fond du Cul-
de-sac, à Québec? Baptiste Lanouette dit Pain-d'épices, avec sa pipe au bec, 
comme de raison, épi gréyé d'un grand chapeau pointu qui me fit penser tout de 
suite à celui que j'avais vu sus la tête du lutin, à la rivière au Chêne.
Y me racontit qu'il avait ben manqué d'en attraper un, dans la même écurie 
où's que moi pi Zèbe j'avions vu le nôtre; si ben que le chapeau en était resté dans 
les mains.
Je l'avais ben reconnu tout de suite, allez!
Diable de Pain-d'épices, dites-moi! Encore un peu... y serait ben riche à 
c't'heure.
Si jamais vous passez par les Foulons du Cap-Blanc, les enfants, demandez 
Baptiste Lanouette, et perlez-y de d'ça: vous verrez si Jos Violon est un menteur!
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Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Les lutins
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