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 Théophile Gautier. (1811-1872) L’Ame De La Maison. IV

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MessageSujet: Théophile Gautier. (1811-1872) L’Ame De La Maison. IV   Sam 27 Juil - 23:10

Rappel du premier message :

IV
Plusieurs jours s’écoulèrent tristement ; mais rien
d’extraordinaire n’était venu réaliser les appréhensions
de Berthe.

Elle s’attendait à quelque catastrophe : le mal fait à
un grillon porte toujours malheur.
-Vous verrez, disait-elle, Pragmater, qu’il nous
arrivera quelque chose à quoi nous ne nous attendons
pas.
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MessageSujet: Re: Théophile Gautier. (1811-1872) L’Ame De La Maison. IV   Sam 27 Juil - 23:11



En partant, il remit entre les mains de Berthe une
petite bourse assez plate pour subvenir aux besoins de
la maison pendant son absence, et promit de revenir
bientôt.

Il n’y avait là rien que de fort naturel sans doute ;
pourtant nous étions profondément émus, et, je ne sais
pourquoi, il me semblait que nous ne le reverrions plus
et que c’était pour la dernière fois qu’il nous parlait.
Aussi, Maria et moi, nous l’accompagnâmes jusqu’au
pied de la colline, trottant, de toutes nos forces, de
chaque côté de son cheval, pour être plus longtemps
avec lui.
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MessageSujet: Re: Théophile Gautier. (1811-1872) L’Ame De La Maison. IV   Sam 27 Juil - 23:11


-Assez, mes petits, nous dit-il ; je ne veux pas que
vous alliez plus loin, Berthe serait inquiète de vous.
Puis il nous hissa sur son étrier, nous appuya un
baiser bien tendre sur les joues, et piqua des deux : nous
le suivîmes de l’oeil pendant quelques minutes.
Étant parvenu au haut de l’éminence, il retourna la
tête pour voir encore une fois, avant qu’il s’enfonçât
tout à fait sous l’horizon, le clocher de l’église
paroissiale et le toit d’ardoise de sa petite maison.
Nous ayant aperçus à la même place, il nous fit un
geste amical de la main, comme pour nous dire qu’il
était content ; puis il continua sa route.
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MessageSujet: Re: Théophile Gautier. (1811-1872) L’Ame De La Maison. IV   Sam 27 Juil - 23:11

Un angle du chemin l’eut bientôt dérobé à nos yeux.
Alors, un frisson me prit, et les pleurs tombèrent de
mes yeux. Il me parut qu’on venait de fermer sur lui le
couvercle de la bière, et d’y planter le dernier clou.
-Oh ! mon Dieu ! dit Maria avec un grand soupir,
mon pauvre oncle ! il était si bon !
Et elle tourna vers moi ses yeux purs nageant dans
un fluide abondant et clair.
Une pie, perchée sur un arbre, au bord de la route,
déploya, à notre aspect, ses ailes bigarrées, s’envola en
poussant des cris discordants, et s’alla reposer sur un
autre arbre.
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MessageSujet: Re: Théophile Gautier. (1811-1872) L’Ame De La Maison. IV   Sam 27 Juil - 23:11

-Je n’aime pas à entendre les pies, dit Maria, en se
serrant contre moi, d’un air de doute et de crainte.
-Bah ! répliquai-je, je vais lui jeter une pierre, il
faudra bien qu’elle se taise, la vilaine bête.
Je quittai le bras de Maria, je ramassai un caillou, et
je le jetai à la pie ; la pierre atteignit une branche au-
dessus, dont elle écorcha l’écorce : l’oiseau sautilla, et
continua ses criailleries moqueuses et enrouées.
-Ah ! c’est trop fort ! m’écriai-je ; tu me veux donc
narguer ?
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MessageSujet: Re: Théophile Gautier. (1811-1872) L’Ame De La Maison. IV   Sam 27 Juil - 23:12



Et une seconde pierre se dirigea, en sifflant, vers
l’oiseau ; mais j’avais mal visé, elle passa entre les
premières feuilles et alla tomber, de l’autre côté, dans
un champ de luzerne.

-Laisse-la tranquille, dit la petite en posant sa main
délicate sur mon épaule, nous ne pouvons l’empêcher.
-Soit, répondis-je.
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MessageSujet: Re: Théophile Gautier. (1811-1872) L’Ame De La Maison. IV   Sam 27 Juil - 23:12

Et nous continuâmes notre chemin.
Le temps était gris terne, et, quoiqu’on fût au
printemps, il soufflait une bise assez piquante ; il y
avait de la tristesse dans l’air comme aux derniers jours
d’automne. Maria était pâle ; une légère auréole
bleuâtre cernait ses yeux languissants ; elle avait l’air
fatigué et s’appuyait plus fortement que d’habitude ;
j’étais fier de la soutenir, et, quoique je fusse presque
aussi las qu’elle, j’aurais marché encore deux heures.
Nous rentrâmes.
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MessageSujet: Re: Théophile Gautier. (1811-1872) L’Ame De La Maison. IV   Sam 27 Juil - 23:12


Le prieuré n’avait plus le même aspect : lui, naguère
si gai, si vivant, il était silencieux et mort ; l’âme de la
maison était partie, ce n’était plus que le cadavre.
Pragmater, malgré son incrédulité, hochait
soucieusement la tête. Berthe filait toujours, et Tom,
assis en face d’elle, et agitant gravement sa queue,
suivait les mouvements du rouet.
Je me serais mortellement ennuyé sans les
promenades que nous allions faire, avec Maria, dans les
grands bois, le long des champs, pour prendre des
hannetons et des demoiselles.
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Théophile Gautier. (1811-1872) L’Ame De La Maison. IV
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