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 Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Originaux Et Détraqués. Drapeau II

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MessageSujet: Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Originaux Et Détraqués. Drapeau II   Jeu 13 Juin - 11:13

II

J’eus l’occasion de revoir Drapeau par la suite, et j’ai retenu les autres
vers de ce chant bizarre, qu’il semblait affectionner tout particulièrement, et
que je n’ai entendu chanter que par lui:
Allant à l’école,
J’eus grand’peur des loups,
Hou, hou, hou!
La jeunesse est folle,
Hou!
Berthe se désole,
Seule au rendez-vous,
Hou, hou, hou!
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MessageSujet: Re: Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Originaux Et Détraqués. Drapeau II   Jeu 13 Juin - 11:13

La jeunesse est folle,
Hou!
Et les vieux sont fous!
L’oiseau bleu s’envole,
J’entends le hibou,
Hou, hou, hou!
La jeunesse est folle,
Hou!
Et les vieux sont fous!
Qui rit sous le saule,
Pleure sous les houx,
Hou, hou, hou!
La jeunesse est folle,
Hou!
Et les vieux sont fous!
À moi gaudriole,
Truffes et vins doux,
Les atouts!
Ris, jeunesse folle,
Hou!
Et pleurez, vieux fous!
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MessageSujet: Re: Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Originaux Et Détraqués. Drapeau II   Jeu 13 Juin - 11:14

Ce Drapeau était un vieux détraqué à figure morose et renfrognée, qui
passait sa vie à voyager entre Lévis et Montmagny - une distance d’une
douzaine de lieues - un peu sauvage, généralement taciturne, acceptant une
aumône par-ci par-là, sans domicile arrêté, sans moyens d’existence connus.
Malgré son air peu sympathique, il n’était pas malfaisant.
Il se montrait même serviable à l’occasion.
Et, comme tout le monde connaissait sa bonne nature, personne ne le
molestait; chacun, au contraire, s’efforçait de lui rendre la vie aussi douce
que possible.
Il voyageait un bissac sur le dos, courbé, pensif, l’air sombre.
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MessageSujet: Re: Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Originaux Et Détraqués. Drapeau II   Jeu 13 Juin - 11:14

Quand il avait faim, il s’asseyait au bord des routes, au coin des ponts,
n’importe où, et cassait une croûte.
Le soir, il entrait chez les pauvres gens, et demandait à couvert.
L’hospitalité qu’on lui accordait volontiers, il la payait en sciant une
voie de bois, en balayant le devant des portes, en faisant des commissions.
Mais il s’acquittait surtout, le soir, à la veillée, en chantant soit les
couplets que j’ai cités plus haut, soit des lambeaux de complaintes plus ou
moins lamentables.
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MessageSujet: Re: Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Originaux Et Détraqués. Drapeau II   Jeu 13 Juin - 11:14

Il chantait cela, comme s’il eût été seul, sur un ton et avec un accent qui
impressionnaient singulièrement tous ceux qui l’entendaient.
Son regard vitreux se retournait alors pour ainsi dire en dedans, et le
chanteur semblait mêler sa voix à quelque scène étrange, à quelque chose de
dramatique qui se serait passé dans son intérieur.
Il risquait même quelquefois certains la ri don don assez croustillants,
qu’il trouvait le moyen de rendre lugubres en traînant sa voix chevrotante à
travers les mille fioritures d’agrément dont les campagnards aiment à
enjoliver leurs couplets rustiques.
Ce qu’il entonnait avec un véritable entrain, par exemple, c’était ce
vieux refrain des Ardennes, qui, comme tant d’autres chants populaires de
France, s’est transmis parmi nous de père en fils, à travers nos trois siècles
d’éloignement et de séparation:
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MessageSujet: Re: Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Originaux Et Détraqués. Drapeau II   Jeu 13 Juin - 11:14

À cheval, gens d’armes!
À pied, Bourguignons!
Montons en Champagne,
Les Anglais y sont!
Le fait est que sa principale manie - la seule véritablement désagréable
qu’il eût d’ailleurs - c’était sa haine profonde des Anglais.
Haine féroce, folle.
Un seul mot en langue anglaise le mettait hors de lui.
S’il rencontrait un Anglais sur sa route, il lui montrait le poing et le
menaçait de sa canne en jurant.
À part cela, comme je l’ai fait entendre il y a un instant, pas la moindre
méchanceté.


Un regard l’intimidait.
Cet homme avait une histoire.
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Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Originaux Et Détraqués. Drapeau II
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