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 Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Originaux Et Détraqués. Burns II

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MessageSujet: Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Originaux Et Détraqués. Burns II   Ven 14 Juin - 9:19

Rappel du premier message :

II 

  
Un matin, je vis une voiture de place s’arrêter à ma porte, et un 
personnage plein de gravité et d’importance descendre du marchepied, en 
faisant signe à son cocher de l’attendre. 
C’était un grand gaillard à moustaches brunes, avec des favoris en 
côtelettes et un monocle solidement encadré dans l’arcade sourcillière. 
Il portait un pantalon gris, une redingote noire et un chapeau de soie 
haut de forme. 
La tête en l’air, la canne à la main, il marchait d’un pas dégagé, avec 
l’aplomb d’un homme sûr de lui-même et de l’effet qu’il ne peut manquer 
de produire.
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MessageSujet: Re: Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Originaux Et Détraqués. Burns II   Ven 14 Juin - 9:21

- Eh bien, mon cher Louis, autant te le dire tout de suite, c’est là une des 
raisons qui m’amènent auprès de toi. 
- Vraiment?
Je commençais à voir venir.
- Oui, mon vieux; je te disais tout à l’heure que j’avais fait le voyage de 
Lévis pour te serrer la main, c’était vrai; mais il y avait autre chose. 
- Quoi donc? 
- Une affaire de femme. 
- Quelle femme? 
- Ah! ça, tu en demandes trop; en gentilhomme, tu comprends... 
- Oui, mais enfin... 
- Enfin, voici: il s’agit d’une des femmes les plus haut placées de 
Québec. Suppose que c’est la femme d’un ministre; en tout cas, une bigre 
de jolie femme, mon gaillard, je ne t’en dis pas plus long. Elle prétend 
détester à mort ton adversaire le docteur Blanchet; mais je sais mieux que 
ça, moi, tu comprends. Elle t’a entendu parler en public dimanche, et elle est 
folle de toi, c’est tout clair. De sorte qu’elle veut te faire gagner ton élection 
à tout prix, et c’est elle qui m’envoie ici pour cela. 
- Ah!
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MessageSujet: Re: Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Originaux Et Détraqués. Burns II   Ven 14 Juin - 9:21

- Oui, il y a quelque chose qui peut te faire gagner ton élection 
infailliblement. 
- Qu’est-ce donc? 
- Sapristi, comme tu y vas! ça ne se dit pas comme ça. 
- Pourquoi?
- Parce qu’il faut d’abord le savoir. 
- Vous ne le savez pas? 
- Eh non! c’est un secret qu’il me faut acheter.
Je voyais venir de plus en plus.
- Oui, qu’il faut acheter, continua Burns. Mais ça ne coûtera pas cher, 
une bagatelle seulement. Je connais très bien l’individu; il ne sera pas 
exigeant, une vingtaine de piastres tout au plus. Aboule-moi vingt piastres, 
et ça y est! 
Je savais enfin à quoi m’en tenir. 
Ayant du temps à perdre ce matin-là, je me payai le luxe d’étudier un 
peu ce caractère digne de Molière.
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MessageSujet: Re: Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) Originaux Et Détraqués. Burns II   Ven 14 Juin - 9:21

Je le fis rabattre de vingt à quinze piastres, de quinze à dix, de dix à 
cinq, de cinq à une, et enfin à vingt-cinq sous, « seulement pour payer son 
cocher », disait-il, car, étant parti à l’improviste, il avait malheureusement 
oublié - tout préoccupé qu’il était - son porte-monnaie sur sa table de 
toilette. 
Il en était même très inquiet, car ce porte-monnaie contenait certains 
chèques payables au porteur, et puis... enfin! 
- Voyons, Louis, penses-y donc! s’écria-t-il en désespoir de cause; une 
élection sûre pour vingt-cinq cents, c’est pour rien, avoue-le! 
- Je sais, je sais, fis-je en m’arc-boutant; mais je suis à cheval sur les 
principes, voyez-vous. Je ne veux devoir mon succès qu’à la justice de ma 
cause! 
Une phrase, entre parenthèse, qui me fit plaisir. 
- Eh bien, tu vas perdre! déclara Burns en prenant congé; franchement 
ça me fait de la peine. Voyons, pas dix cents seulement! 
- Non! 
Et Burns, après un haussement d’épaules des plus significatifs, remonta 
en voiture, et je l’entendis qui disait au cocher: 
- Chez le docteur Blanchet!
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